Le ministre André Mendonça, vice-président du Tribunal supérieur électoral (TSE), a voté le mercredi 30 septembre pour confirmer sa décision provisoire, prise initialement le vendredi 25 septembre, ordonnant la suppression de publications sur les réseaux sociaux. Ces contenus associaient à tort le sénateur Flávio Bolsonaro (PL-RJ), candidat à la présidence de la République, à un projet de loi visant à retirer à Notre-Dame d’Aparecida le titre de patronne du Brésil.
Le Tribunal supérieur électoral confirme la suppression de contenus visant Flávio Bolsonaro
Le jugement se déroule au sein du plénier virtuel de la Cour, une modalité où les ministres enregistrent leurs votes formellement sans débat oral. La session, pautée par le président du TSE, le ministre Kassio Nunes Marques, a débuté le 30 septembre et doit se poursuivre jusqu’à 23h59. Outre André Mendonça et Kassio Nunes Marques, les ministres Dias Toffoli, Sebastião Alves dos Reis Júnior, Ricardo Villas Bôas Cueva, Floriano Peixoto de Azevedo Marques Neto et Estela Aranha participent également au vote.
Arguments contre la censure et cadre juridique
Dans son vote, le ministre André Mendonça a soutenu que les déterminations de retrait de contenu ne constituent ni une censure préalable ni une violation de la liberté religieuse. Il a souligné que ses ordonnances ne visent pas à restreindre les critiques ou les opinions, mais sont limitées aux publications qui reproduisent des informations factuellement fausses. Selon le magistrat, la mesure est exceptionnelle et ne suspend aucun profil, compte ou canal d’utilisateur, n’exigeant pas non plus d’autorisation judiciaire pour de nouvelles publications.
Mendonça a affirmé que sa décision s’aligne sur l’interprétation du Tribunal suprême fédéral (STF) concernant le Marco Civil de l’internet. Il a précisé que la réglementation électorale prévoit désormais le devoir pour les fournisseurs de procéder à la suppression immédiate de contenus reproduisant des informations déjà reconnues comme désinformatrices. Le ministre a insisté sur le fait que l’indisponibilisation de ces contenus ne représente pas un contrôle étatique antécédent, mais une réponse à un noyau factuel spécifique préalablement identifié comme faux.

Divergences au sein du pouvoir judiciaire
Le cas a atteint le plénier du TSE après des décisions divergentes au sein du STF. Avant la tenue de ce jugement, le ministre du STF Flávio Dino avait accédé à une requête de l’humoriste Antonio Tabet et autorisé le maintien des publications associant le candidat au faux projet. Peu après, le ministre du STF Luiz Fux a renversé la décision de Dino, rétablissant les effets de la mesure conservatoire imposée par André Mendonça.
L’affaire, qui survient aux portes du premier tour des élections, puise son origine dans un débat autour d’un projet de loi archivé depuis près de 20 ans. Les publications visées par le tribunal présentaient comme un fait établi l’idée que Flávio Bolsonaro ou sa famille auraient proposé ou soutenu le retrait du titre de patronne de Nossa Senhora Aparecida. Le magistrat a réitéré que la foi n’était pas en jugement, mais que les plateformes ont le devoir de retirer les posts présentant cette affirmation comme une réalité factuelle.

Le Tribunal supérieur électoral est composé de sept ministres issus de trois origines distinctes : trois membres du STF, deux du Superior Tribunal de Justiça (STJ) et deux représentants de la classe des juristes, choisis parmi des avocats reconnus pour leur savoir juridique et leur idoneité morale.
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