Pour la première fois en près de trente ans, l’Orange Order a obtenu l’autorisation de défiler le long de la Garvaghy Road à Portadown, le dimanche 27 septembre 2026, à la suite d’une décision de la Parades Commission et d’un arrêt de la Haute Cour.
Ce retour très attendu par l’ordre fraternel intervient après des décennies d’interdiction. En effet, la commission a bloqué le défilé sur cette même route chaque mois de juillet depuis 1998.
La décision finale a été rendue vendredi après-midi à l’issue de soumissions approfondies concernant l’itinéraire. L’organisme de régulation a ainsi permis aux membres de l’ordre de reprendre leur parcours traditionnel, tout en encadrant strictement l’événement pour limiter les risques de tension dans cette zone nationaliste.
Les conditions strictes fixées par la Parades Commission
Pour encadrer ce défilé hautement sensible, la Parades Commission a émis une série de restrictions rigoureuses. Le cortège doit ainsi débuter à 8h00, avec une participation limitée à 35 personnes. Cette jauge représente une baisse par rapport aux demandes initiales formulées par le district de Portadown de l’Orange Order, qui espérait aligner 60 membres ce dimanche 27 septembre.
Parmi les autres conditions imposées figurent l’obligation pour le défilé de se disperser du Carleton Street Orange Hall au plus tard à 9h30, ainsi que l’interdiction de porter ou d’afficher d’autres bannières que celle du district de Portadown le long de la Garvaghy Road. Les consignes interdisent formellement la participation de fanfares et stipulent qu’aucun partisan ne doit accompagner la marche ou se rassembler à proximité des habitations situées sur les axes de Drumcree et Dungannon.
Entre contentieux juridique et oppositions locales
Cette décision de la commission dirigée par le Prof Evelyn Collins fait suite à des discussions menées en personne plus tôt dans la semaine avec l’Orange Order et, séparément, avec la coalition des résidents. Elle intervient également après qu’un arrêt de la Haute Cour a annulé la précédente détermination de l’organisme concernant ce passage controversé.
Les résidents de la Garvaghy Road, majoritairement nationalistes, se sont vivement opposés au retour du cortège. De leur côté, l’Orange Order et le DUP ont défendu l’initiative comme une opportunité de réparer un tort historique. Durant les années 1990, le défilé de Drumcree a régulièrement dominé l’actualité en raison de heurts violents et de tensions politiques intenses qui exigeaient des déploiements de sécurité majeurs, des affrontements ayant même coûté la vie à plusieurs personnes au cours de cette décennie.
Appels au calme et préoccupations ecclésiastiques
L’archevêque Eamon Martin a publié un communiqué samedi après-midi pour réclamer des prières et un soutien en faveur d’une résolution pacifique de la situation complexe de la Garvaghy Road. Le primat catholique a également exprimé sa solidarité face à l’émotion suscitée par ces développements récents.
Je lance également un appel en faveur d’un recours patient à des processus exclusivement légaux et démocratiques pour résoudre cette situation profondément complexe et émotive.
Dans le même temps, le père Peter Clarke, de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Portadown, a fait part de ses craintes de voir le défilé perturber l’accès à l’église pour les paroissiens. S’exprimant sur l’impact de l’événement, il a indiqué que les fidèles fréquentant l’église Saint-Patrick sur William Street seraient également touchés en amont de l’office de 10h00, tout en soulignant que les tensions demeurent vives au sein de la communauté.
Le dispositif de sécurité déployé par la PSNI
Dans son document de détermination de 31 paragraphes, la commission a levé le voile sur les échanges menés avec les forces de l’ordre. La police a ainsi transmis des notes écrites et orales indiquant qu’au moment de les formuler, elle ne disposait d’aucun élément indiquant que le défilé entraînerait des troubles ou des violences.
Afin d’assurer le bon déroulement de l’opération de sécurité dominicale, le Police Service of Northern Ireland a activé des mécanismes d’assistance mutuelle. Environ deux cents policiers venus d’Écosse ont ainsi été dépêchés en renfort à Portadown.
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