Le président chinois Xi Jinping s’est rendu à Washington pour un sommet bilatéral de deux jours marqué par une volonté de stabilisation pragmatique. Alors que la trêve commerciale a été prolongée jusqu’en janvier 2027, les discussions ont mis en lumière des divergences persistantes sur Taïwan, les technologies d’intelligence artificielle et le contrôle des terres rares.
Les honneurs réservés à Xi Jinping pour sa première visite à Washington en dix ans soulignent une transition diplomatique notable. Loin des tensions maximalistes, ce sommet organisé entre le 23 et le 25 septembre 2026 s’inscrit dans une séquence d’échanges réguliers entre les deux superpuissances. Il s’agit de la cinquième rencontre entre les dirigeants de part et d’autre en l’espace d’un an, et de la deuxième pour la seule année 2026, selon les informations publiées par la chronique internationale. Cette cadence confirme le choix de gérer la rivalité structurelle par le dialogue direct plutôt que par l’affrontement ouvert.
L’accueil fastueux orchestré par l’administration américaine s’est prolongé aux Archives nationales, où les délégations ont posé pour les photographes. Les échanges ont également inclus un dîner d’État réunissant des figures majeures de l’industrie technologique, parmi lesquelles Tim Cook d’Apple, Jensen Huang de Nvidia, Sam Altman d’OpenAI, Elon Musk et Jeff Bezos.
Prolongation de la trêve commerciale et désaccords sur les terres rares
Sur le plan économique, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a officialisé la prolongation de l’accord de trêve commerciale conclu en 2025. Ce répit court désormais jusqu’au 10 janvier 2027, ouvrant une fenêtre pour négocier un arrangement plus vaste portant sur des réductions tarifaires, des achats massifs de produits agricoles américains — tels que le soja, le blé et le bœuf — destinés à résorber le déficit commercial, ainsi que sur la suppression de barrières non tarifaires.
Aucun compromis décisif n’a toutefois été acté concernant les minerais stratégiques. La question des terres rares demeure un point de friction majeur entre les deux économies. En avril 2025, Pékin avait instauré des contrôles stricts à l’exportation sur sept éléments classés à double usage, affectant l’industrie manufacturière occidentale et japonaise. Plus récemment, en juin 2026, la Chine a ajouté dix entreprises américaines, dont MP Materials et USA Rare Earth, à sa liste de contrôle des exportations afin d’entraver les efforts de Washington pour reconstruire une filière nationale indépendante. Les données du secteur rappellent que la Chine maîtrise 90 % du raffinage mondial des minerais stratégiques et 98 % des terres rares lourdes, telles que le dysprosium, le terbium et l’yttrium. Ces composants s’avèrent indispensables à la fabrication d’aimants permanents, de semi-conducteurs de pointe, de turbines aéronautiques, de drones et de systèmes de défense, tandis que les États-Unis ne couvrent actuellement que 42 % de leurs besoins propres.
Garde-fous technologiques et rivalité dans l’intelligence artificielle
La technologie et l’intelligence artificielle occupent une place centrale dans ce duel stratégique. Washington continue d’appliquer des restrictions rigoureuses à l’exportation de semi-conducteurs avancés, exigeant des licences spécifiques pour les puces Nvidia H200 et les générations ultérieures afin de limiter les progrès militaires chinois dans ce domaine. En réaction, les autorités américaines affirment un avantage comparatif national qu’elles entendent préserver.
Face aux divergences de vues sur la gouvernance mondiale des technologies, des mesures pratiques ont néanmoins été esquissées. Scott Bessent s’est entretenu avec le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, au sujet de la mise en place d’un mécanisme de notification directe. Conçu sur le modèle du téléphone rouge de la Guerre froide, ce canal vise à prévenir toute escalade rapide en cas d’incident critique lié à l’intelligence artificielle, qu’il s’agisse de cyberattaques autonomes, de dérives d’agents conversationnels ou de risques biologiques. Les deux délégations prévoient de se retrouver à Shenzhen dans un délai de deux mois pour approfondir ces protocoles de sécurité.
Géopolitique mondiale : entre la question de Taïwan et les crises régionales
Les discussions politiques ont également abordé les dossiers sensibles du Proche-Orient et de la zone indo-pacifique. Xi Jinping a intensifié la pression sur la Maison-Blanche pour limiter son soutien militaire et ses ventes d’armes à Taïwan, un objectif que Pékin poursuit en vue de la réunification fixée à l’horizon 2049. En contrepartie, le dirigeant chinois est incité à user de son influence diplomatique et économique auprès de l’Iran, dont il demeure le principal acheteur de pétrole, pour contribuer à la stabilisation du détroit d’Ormuz.
Les entretiens ont illustré la complexité des relations bilatérales, résumées par les déclarations des dirigeants lors de cette séquence diplomatique. La couverture menée par l’agence Bloomberg a mis en relief l’intensité des tractations menées par le chef de l’État chinois pour obtenir des concessions durables sur le commerce et le statut de Taipei.
Nous devons renforcer la communication. La Chine et les États-Unis ont des conditions nationales différentes, mais par un dialogue franc, approfondi et continu, nos deux pays peuvent mieux se comprendre, chercher un terrain d’entente tout en mettant de côté les divergences et bâtir une confiance mutuelle.
De son côté, l’administration américaine a insisté sur l’importance d’un rééquilibrage des échanges économiques. Les équipes techniques des deux pays poursuivent leurs travaux pour encourager de nouveaux débouchés aux producteurs américains, tout en maintenant les lignes de communication ouvertes en vue des prochaines échéances annoncées à Shenzhen et à Miami.
À lire aussi