Le gouvernement italien a adopté le 24 septembre 2026 un décret-loi interdisant les burqas et les niqabs dans les écoles. Le texte introduit également un plafond de 30% d’élèves par classe ayant une maîtrise insuffisante de la langue, tout en renforçant les sanctions financières pour les parents d’élèves en difficulté d’intégration.
L’exécutif dirigé par Giorgia Meloni a validé ce décret lors d’un conseil des ministres. La mesure phare de ce texte concerne la sécurité dans l’enceinte scolaire, avec une interdiction stricte du port de la burqa et du niqab. Giorgia Meloni a ainsi déclaré que l’interdiction de la burqa est une question de sécurité dans une interview télévisée, selon la première ministre ultraconservatrice.
Cette décision intervient après les pressions exercées en juillet dernier par la formation d’extrême droite Futuro Nazionale, menée par le général Roberto Vannacci. Ce parti, lancé en février et absent de la coalition au pouvoir, s’est imposé comme un rival redoutable pour la cheffe du gouvernement dans les sondages, alors que le pays se dirige vers des élections législatives en 2027.
Un plafond de 30% pour les élèves mal maîtrisant l’italien
Le décret s’attaque aussi aux disparités linguistiques dans les salles de classe. Il formalise un seuil maximal de 30% d’élèves ne disposant pas d’une maîtrise adéquate de la langue italienne par classe. La mesure s’accompagne d’un déploiement de davantage d’outils pour l’apprentissage de la langue.
Le ministre de l’Éducation, Giuseppe Valditara, a défendu cette orientation en expliquant aux journalistes qu’une maîtrise insuffisante de la langue nationale entrave directement le parcours scolaire des enfants. Selon les chiffres avancés par le ministère, l’Italie compte actuellement 34’000 classes dépassant ce seuil de 30% d’élèves étrangers. Toutefois, les autorités précisent que la grande majorité de ces classes ne sera pas touchée, la loi ciblant prioritairement les nouveaux arrivants plutôt que les jeunes nés sur le sol italien ou passés par l’école maternelle.
Pour mémoire, une limite de 30% d’élèves étrangers figurait déjà dans une circulaire ministérielle datant de 2010. Cette règle restait toutefois flexible, ajustable à la hausse pour les élèves nés en Italie ou à la baisse pour ceux affichant de faibles compétences linguistiques.
Des sanctions pour les parents et de vives critiques de l’opposition
Le texte va plus loin en ciblant l’implication des familles. En cas de difficultés d’intégration majeures chez un élève, les services sociaux seront saisis et les parents se verront imposer la participation à des cours d’italien gratuits. Le refus ou le non-respect de cette obligation exposera les contrevenants à une amende pouvant atteindre 1000 euros.

Giuseppe Valditara, ministre de l’Éducation, a affirmé que la participation des parents au parcours éducatif de leur enfant est fondamentale pour la réussite scolaire.
Du côté de l’opposition, la réaction ne s’est pas fait attendre. Elly Schlein, cheffe du Parti démocrate au centre-gauche, a vivement critiqué l’initiative gouvernementale, qualifiant le décret de nouvelle chasse sur le dos des enfants.
L’ONG Save the Children a également exprimé ses inquiétudes. L’organisation redoute que l’obligation faite à certains enfants de changer d’établissement ou d’être séparés de leurs camarades en raison de leur nationalité ou de leur niveau de langue ne conduise à l’apparition d’élèves de première classe et de seconde classe.
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