L’Arabie saoudite a atteint en septembre 2026 un volume d’exportation de brut de 6 millions de barils par jour, son plus haut niveau depuis le début de la guerre avec l’Iran. Cette hausse intervient malgré la fermeture temporaire de l’oléoduc stratégique Est-Ouest, touché par des attaques de drones.
Les flux pétroliers saoudiens affichent une résistance inattendue. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient au Moyen-Orient, Riyad parvient à maintenir des expéditions massives.
L’arrêt de l’oléoduc Petroline et la menace sur les infrastructures
Le royaume a dû composer avec un coup dur le 11 septembre 2026. Le ministère saoudien de l’Énergie a ordonné la fermeture temporaire et par précaution de l’oléoduc Est-Ouest, également connu sous le nom de Petroline. Cette infrastructure cruciale permet habituellement d’acheminer le brut des gisements orientaux vers le terminal de Yanbu sur la mer Rouge, offrant une alternative terrestre pour contourner le détroit d’Ormuz.
La fermeture fait suite à des frappes de drones lancées depuis l’territoire irakien qui ont endommagé plusieurs stations de pompage et fait des blessés. À Bagdad, les services du Premier ministre ont confirmé que l’attaque provenait bien de leur sol, tandis que Riyad a choisi de ne pas riposter à ce stade. Cette frappe s’est ajoutée à l’offensive menée sur le flanc sud par les rebelles houthis du Yémen, qui se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, bloquant l’accès à la mer Rouge.
Les interruptions temporaires de l’infrastructure pétrolière durent généralement quelques jours, et non des semaines ou des mois… à chaque occasion.
Le retour progressif vers le détroit d’Ormuz et la flambée des coûts du transport maritime
Pour compenser la mise à l’écart de l’oléoduc, l’Arabie saoudite a redirigé une part de ses exportations vers le détroit d’Ormuz. Ce revirement a été facilité par l’action de l’armée américaine, qui a sécurisé un corridor de navigation le long de la côte d’Oman. Le volume moyen des expéditions à travers le détroit a atteint 13,2 millions de barils par jour fin septembre, contre environ 17 millions de barils avant le début du conflit.


Cette réorientation logistique a toutefois provoqué de fortes turbulences sur le marché du transport maritime. Les capacités de transfert de navire à navire au large d’Oman ont atteint leurs limites. Les transactions portant sur environ des millions de barils livrables en septembre et octobre ont nécessité l’utilisation intensive de supertankers, d’autant que des navires restaient immobilisés en mer Rouge dans l’attente d’une réouverture de Yanbu.
La pénurie de navires disponibles a propulsé les tarifs journaliers du fret pour les très grands the transporteurs de brut à un niveau record, selon des données de LSEG citées par Reuters.
Impact sur les cours du brut et analyses des marchés financiers
Sur les marchés des matières premières, l’interruption initiale de l’oléoduc a provoqué une vive réaction. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a grimpé à près de 110 dollars, avant de reculer à mesure que les investisseurs prenaient la mesure de la situation. Le contrat s’est ensuite établi autour de 108,75 dollars, tandis que le brut léger américain WTI a progressé pour s’établir à 105,83 dollars.
Les analystes demeurent partagés sur l’évolution des cours. Goldman Sachs a indiqué dans une note que si l’interruption de l’oléoduc se prolongeait plusieurs semaines sans réajustement de la demande, les prix pourraient franchir le seuil des 120 à 130 dollars le baril. Pour l’heure, les sources industrielles signalent que l’oléoduc Est-Ouest a repris ses activités à de faibles volumes et intensifie progressivement son débit, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été fournie par les autorités saoudiennes.
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