La cheffe des Conservateurs britanniques, Kemi Badenoch, a dévoilé un projet controversé visant à restreindre l’utilisation des allocations chômage de longue durée. Les bénéficiaires n’ayant pas cotisé suffisamment se verraient attribuer une allocation de subsistance réduite d’un tiers, gérée par une carte prépayée bloquant les achats d’alcool et de tabac.
Les détails du plan conservateur et la nouvelle allocation de subsistance
Le projet présenté par le parti conservateur prévoit de modifier radicalement le système d’aide sociale pour les demandeurs d’emploi de longue durée. Selon les détails publiés, toute personne apte au travail percevra l’intégralité de ses allocations pendant une période de six mois afin de retrouver un emploi.
Les demandeurs ne disposant pas d’un historique de cotisations suffisant basculeraient vers une nouvelle Subsistence Allowance
(allocation de subsistance), fixée à 70p pour chaque livre du taux plein. Les conservateurs estiment que cette mesure permettrait de transférer environ 350 000 allocataires vers ce tarif réduit, générant une économie annuelle estimée à 538 millions de livres sterling, d’après les chiffres avancés par la formation politique. Les personnes malades, en situation de handicap ou déjà en activité professionnelle resteraient totalement exemptées de ces restrictions.
Le contrôle des dépenses par carte prépayée et les justifications politiques
Pour les personnes basculées sur le nouveau régime réduit, le versement des aides ne s’effectuerait plus de manière classique. Cette carte technique permettrait uniquement de régler les produits de première nécessité, l’alimentation et les factures courantes.
Kemi Badenoch, cheffe du Parti conservateur, a affirmé que l’aide sociale devait constituer un filet de sécurité pour ceux qui en ont réellement besoin, et non un choix de mode de vie pour ceux qui refusent de faire le moindre effort.
La dirigeante conservatrice a défendu cette approche en affirmant que le modèle actuel pénalise les travailleurs et les contribuables. La secrétaire d’État fantôme au Travail et aux Pensions, Helen Whately, a abondé dans ce sens en déclarant que le pays ne peut plus subventionner durablement des millions de personnes hors du marché du travail, tout en reprochant au gouvernement travailliste d’avoir facilité l’accès aux prestations sans inciter suffisamment à l’embauche.
Les critiques de l’opposition et des associations caritatives
Ces propositions ont immédiatement suscité de vives réactions de la part d’organisations de solidarité et d’autres formations politiques. Helen Barnard, directrice de la recherche et de la politique au sein de l’association caritative anti-pauvreté Trussell, a qualifié ces orientations de profondément erronées. Elle a souligné que les allocations actuelles ne couvrent déjà pas les besoins essentiels et que la précarité qui en découle fragilise la santé des demandeurs d’emploi et nuit à leur réinsertion professionnelle.

Sur l’échiquier politique, les critiques proviennent également des réformateurs et du gouvernement en place. Robert Jenrick, porte-parole du Trésor pour Reform UK, a qualifié ce plan de trop faible, estimant qu’il ne résoudra pas la hausse vertigineuse des dépenses sociales prévues pour atteindre 408,6bn de livres d’ici 2030/31. De son côté, un porte-parole du Parti travailliste a rappelé que les conservateurs ont passé 14 années au pouvoir sans réussir à réformer durablement le système, leur opposant la mise en place actuelle d’un plan de soutien à l’emploi doté de 3,5 milliards de livres sterling.
Pour aller plus loin