Nouvelle-Zélande : Un escargot rare pond un œuf lors d’une manipulation

La scène insolite, relayée par le département néo-zélandais de la Conservation, met en lumière les subtilités biologiques de ces mollusques terrestres endémiques menacés par l’exploitation minière historique de leur habitat sur la côte ouest de l’île du Sud.

Une découverte fortuite sur la route menant aux conteneurs climatisés de Hokitika

La scène a surpris les équipes en charge du suivi de cette population unique au monde. L’organisme d’État gère ces escargots en captivité dans des conteneurs climatisés à Hokitika depuis 2006, année où les travaux miniers ont débuté sur la majorité de leur habitat naturel d’origine.

J’ai ramené 24 escargots du pays de Galles au début de juillet. Source citée par l’éditeur d’application

Toutefois, l’incident précis de la ponte a été documenté au cours d’une manipulation de routine par une agente de terrain, Lisa Flanagan, qui filmait l’animal pendant qu’il était pesé.

Il est remarquable que dans tout le temps que nous avons passé à prendre soin de ces escargots, c’est la première fois que nous en voyons un pondre un œuf. Nous avons surpris l’action alors que nous pesions l’escargot. Nous l’avons retourné pour le peser et avons vu l’œuf commencer tout juste à émerger de l’escargot. Lisa Flanagan, garde forestière au Département de la Conservation

L’anatomie surprenante des escargots Powelliphanta augusta

La biologie de ces grands prédateurs terrestres présente des mécanismes d’adaptation très particuliers pour survivre dans des densités de population relativement faibles. Kath Walker, conseillère scientifique senior au sein de l’organisme environnemental, a détaillé le fonctionnement anatomique et reproductif de ces animaux hermaphrodites.

Les Powelliphanta ont résolu ce problème en ayant une ouverture (un pore génital) sur le côté droit de leur corps, juste en dessous de leur tête, de sorte que l’escargot n’a qu’à jeter un œil hors de sa coquille pour faire l’affaire. Kath Walker, conseillère scientifique senior au Département de la Conservation

Lors de l’accouplement, chaque individu déploie son pénis par ce pore pour l’introduire dans le pore de son partenaire. Les deux animaux procèdent à un échange simultané de spermatozoïdes qu’ils stockent jusqu’au moment de féconder les œufs. Étant hermaphrodites dotés d’organes reproducteurs à la fois mâles et femelles, ils pratiquent habituellement la fécondation croisée, mais leur capacité occasionnelle à s’auto-féconder représente un avantage de survie déterminant pour un prédateur vivant à faible densité.

Une longévité exceptionnelle face aux menaces d’extinction

Contrairement aux escargots de jardin introduits qui pullulent et présentent des cycles de vie très courts, les spécimens de cette espèce protégée affichent une croissance lente et une espérance de vie remarquable. Ils n’atteignent la maturité sexuelle qu’aux alentours de huit ans et ne pondent qu’environ cinq gros œufs par an, lesquels peuvent mettre plus d’une année à éclore.

A snail laying an egg through its neck
Photo: hindustantimes.com

Certains pensionnaires maintenus sous surveillance humaine atteignent aujourd’hui un âge compris entre 25 et 30 ans. Grâce à ce programme de préservation de longue haleine mené par les autorités néo-zélandaises, la survie de l’espèce a pu être assurée, permettant par ailleurs de nouvelles réintroductions de populations sauvages dans la nature pour recréer des foyers durables.

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