L’administration de Donald Trump se prépare à imposer des sanctions radicales contre la Cour pénale internationale afin de paralyser ses transactions en dollars et de l’isoler du système financier mondial, en riposte aux mandats d’arrêt émis contre des dirigeants israéliens.
L’offensive menée par Washington contre la juridiction établie à La Haye franchit un nouveau cap. L’administration américaine élabore un train de sanctions d’envergure destiné à interdire la quasi-totalité des transactions avec l’institution internationale au terme d’une période de grâce de six à sept mois, selon des documents consultés par The Wall Street Journal et des responsables américains. Cette mesure menace de paralyser le tribunal en le coupant de la monnaie américaine et des circuits bancaires internationaux.
Une riposte frontale après les mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens
La confrontation entre les États-Unis et le tribunal s’est envenimée lorsque la juridiction a prononcé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, en lien avec le conflit à Gaza. Washington, qui n’a jamais adhéré au Statut de Rome fondateur de l’institution en 2002, a vivement rejeté ces procédures visant un proche allié.
En juillet, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a officialisé le lancement d’une campagne d’envergure pour démanteler la menace que fait peser la juridiction sur la souveraineté américaine. Les autorités américaines ont déjà frappé plusieurs hauts fonctionnaires de sanctions. En août, des responsables de la Cour ont été sanctionnés, portant à treize le nombre de responsables visés, dont la moitié des juges.
Tensions financières et recherche de solutions alternatives à La Haye
Cette pression financière et politique intervient alors que le bureau du procureur traverse une période de transition délicate. Mame Mandiaye Niang a pris la tête du parquet par intérim à la suite du départ de son prédécesseur Karim Khan, confronté à des accusations d’inconduite qu’il conteste. Niang a souligné que ces sanctions compliquaient l’exécution de tâches quotidiennes aussi simples que la réservation de vols ou de chambres d’hôtel, tout en s’élevant contre les qualificatifs d’institution corrompue employés par Washington.

Face au risque de voir la capacité opérationnelle de l’institution compromise par de nouvelles mesures restrictives, les services administratifs tentent de s’organiser. Pour garder notre indépendance, pour pouvoir continuer à travailler
, le tribunal étudie des solutions techniques de rechange afin de sécuriser ses processus, a indiqué le procureur général par intérim lors de cet entretien.
Retraits étatiques et fractures diplomatiques autour de la justice internationale
La pression américaine s’accompagne d’une vague de contestations géographiques. Le Tchad et le Venezuela ont officialisé leur départ de l’institution, rejoignant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Le Tchad a explicitement mentionné les États-Unis dans sa décision : après un échange téléphonique avec un responsable américain le 23 juillet, le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Sabre Fadoul a indiqué que Washington avait demandé à N’Djamena de réévaluer sa position, menant à une annonce de retrait quatre jours plus tard.

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