Coup de théâtre à La Haye : La CPI refuse de libérer Duterte, l’enquête sur la “guerre contre la drogue” se poursuit
La Haye, Pays-Bas – La Cour Pénale Internationale (CPI) a rejeté aujourd’hui une demande de libération de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, ouvrant la voie à la poursuite de l’enquête sur les crimes présumés commis durant sa “guerre contre la drogue”. La décision, saluée par les organisations de défense des droits de l’homme, marque une étape cruciale dans la quête de justice pour les milliers de victimes de violences extrajudiciaires.
La CPI enquête depuis 2021 sur les massacres liés à la politique répressive menée par Duterte, d’abord en tant que maire de Davao, puis en tant que président des Philippines. Les procureurs de la CPI affirment détenir des preuves que Duterte a personnellement ordonné et autorisé des actes de violence, incluant des meurtres, ciblant des personnes soupçonnées de trafic ou de consommation de drogue.
Les estimations du nombre de morts durant la présidence Duterte varient considérablement. Si la police nationale philippine en a officiellement enregistré plus de 6 000, les groupes de défense des droits de l’homme avancent un bilan bien plus lourd, estimant le nombre de victimes à plus de 30 000.
“la décision de la CPI réaffirme une vérité simple mais puissante : personne, pas même un ancien chef d’État, n’est au-dessus des lois”, ont déclaré conjointement les organisations SENTRO et CATW-AP, qui soutiennent les familles des victimes.
Contexte : La “guerre contre la drogue” et ses conséquences
La “guerre contre la drogue” lancée par Rodrigo Duterte en 2016 a été caractérisée par une brutalité extrême et un mépris flagrant des procédures légales. Des milliers de personnes, souvent issues de milieux défavorisés, ont été tuées par la police et des groupes de justiciers, sans procès ni enquête approfondie.
Cette politique a suscité une condamnation internationale croissante, les organisations de défense des droits de l’homme dénonçant des violations massives des droits humains, notamment des exécutions extrajudiciaires, des tortures et des disparitions forcées.
La CPI, saisie de la situation, a ouvert une enquête formelle en 2021, malgré le retrait des Philippines du Statut de Rome, le traité fondateur de la cour. La CPI a affirmé conserver sa compétence sur les crimes commis durant la période où les Philippines étaient partie au Statut.
L’avenir de l’enquête reste incertain, mais le rejet de la demande de libération de Duterte par la CPI envoie un signal fort : la justice internationale ne renoncera pas à poursuivre les auteurs présumés de crimes contre l’humanité, quel que soit leur rang ou leur pouvoir.
