Plus de 14 000 satellites en orbite actuelle alors que des projets de satellites totalisant 1,7 million d’unités attendent d’être lancés en orbite. L’Observatoire européen austral avertit que ces objets reflétant la lumière créent des traînées lumineuses et augmentent la luminosité du ciel, détruisant les données astronomiques et menaçant la détection d’astéroïdes dangereux, selon une évaluation d’août 2026.
La grande majorité de ces structures forment des réseaux de télécommunications dédiés à la fourniture d’Internet à l’échelle mondiale.
Les menaces des mégaconstellations pour les télescopes de l’ESO et de Vera C. Rubin
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Ces chiffres ne constituent pourtant qu’un début. Parmi ces initiatives figurent l’expansion des réseaux destinés aux centres de données spatiaux ainsi que de nouveaux projets portés par la Chine, à l’instar des réseaux Cinnamon et CTC. Cette inflation d’engins multiplie mécaniquement la quantité d’objets capables de refléter la lumière solaire depuis le firmament.
Le problème pour la recherche astronomique ne provient pas d’une occultation physique des étoiles par la taille des satellites, mais de la perturbation des systèmes de capture optique. Les télescopes modernes, à l’image du Very Large Telescope (VLT) de l’ESO ou des instruments de l’observatoire Vera C. Rubin, utilisent des poses longues pour accumuler les photons provenant de galaxies lointaines. Lorsqu’un satellite illuminé par le Soleil traverse le champ d’observation, sa réverbération s’inscrit sur les capteurs sous forme de traînées lumineuses, connues sous le nom de satellite trails
.
Des simulations informatiques réalisées par l’astronome de l’ESO Olivier Hainaut démontrent que la présence de larges flottes de satellites engendre des dizaines de traînées sur les clichés pris durant les deux premières heures suivant le coucher du soleil. Cette pollution lumineuse peut entraîner une perte de données atteignant un pourcentage significatif de la zone observée. De plus, sur des capteurs extrêmement denses et complexes, une lumière excessive génère des images fantômes ou ghost trails
qui altèrent les pixels adjacents, rendant les clichés inexploitables sur le plan scientifique.
La diffusion atmosphérique et le projet de miroirs spatiaux de Reflect Orbital
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Au-delà des traînées visibles, la recherche met en évidence une autre menace non moins périlleuse : l’élévation de la luminosité du fond du ciel. Si une multitude de satellites restent invisibles à l’œil nu en raison de leur faible éclat, leur accumulation massive produit un effet cumulatif. Lorsque ces sources lumineuses interagissent avec les particules de l’atmosphère terrestre, elles provoquent une diffusion qui crée un voile lumineux diffus recouvrant l’ensemble de la voûte céleste.
Ce phénomène réduit drastiquement le contraste entre les astres les plus faibles et le fond du ciel, compliquant de manière critique la détection d’exoplanètes ou le repérage d’astéroïdes potentiellement menaçants pour la Terre. L’attention des astronomes se focalise également sur des concepts plus radicaux, tel que le projet de la startup Reflect Orbital. Cette entreprise propose de concevoir une flotte de miroirs spatiaux réflecteurs de lumière solaire pour illuminer des zones terrestres précises pendant la nuit, couvrant environ cinq kilomètres carrés par satellite, avec l’ambition de déployer 50 000 engins d’ici 2035.
Les lois physiques indiquent que pour une zone ciblée par un tel faisceau, le satellite émetteur afficherait une luminosité apparente quatre fois supérieure à celle de la Pleine Lune. Même depuis des régions situées en dehors du faisceau direct, chaque satellite conserverait une brillance comparable à celle de Vénus. Les modèles de l’ESO estiment qu’un tel dispositif à pleine capacité pourrait multiplier par trois ou quatre la clarté nocturne globale du ciel, altérant profondément l’environnement optique naturel.
Limites scientifiques et recours auprès de la Federal Communications Commission
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Pour prévenir la destruction critique des données d’observation terrestre, l’étude de l’ESO formule des seuils précis. Le premier concerne le volume orbital : le nombre total de satellites en orbite, actuels et futurs, ne devrait pas dépasser 100 000 unités, un plafond où la perte de données demeure gérable. Le second seuil concerne la luminosité : les satellites doivent impérativement être conçus pour minimiser leur réflexion, en maintenant une magnitude apparente supérieure à 7, seuil sous lequel l’œil humain perd toute visibilité et où les capteurs télescopiques évitent la saturation.

Plusieurs instances scientifiques internationales, incluant l’ESO, la Royal Astronomical Society et l’Union astronomique internationale (IAU), se sont saisies de ces données pour les soumettre à la Federal Communications Commission (FCC) aux États-Unis. Ces recommandations visent à encadrer l’attribution des licences pour les nouvelles générations de satellites.
L’orbite terrestre basse s’apparente au littoral céleste, une ressource commune à toute l’humanité où la technologie spatiale doit composer avec la préservation de l’environnement et de l’astronomie. Rapports et évaluations de l’Observatoire européen austral (ESO)
Pour aller plus loin