Oiseaux migrateurs : un sur neuf menacé d’extinction selon un rapport

La situation des espèces migratrices continue de se détériorer à l’échelle mondiale, sous l’effet direct des activités humaines. C’est le constat alarmant dressé par le rapport State of the World’s Birds, présenté lors du sommet mondial sur les voies de migration organisé à Nairobi, au Kenya.

Un déclin généralisé et des extinctions historiques documentées par BirdLife International

L’étude menée par BirdLife International évalue 1 843 espèces d’oiseaux migrateurs à travers le globe. Plus inquiétant encore, un oiseau migrateur sur neuf est aujourd’hui classé comme menacé d’extinction.

Les pressions exercées par l’homme touchent particulièrement les oiseaux marins et les espèces inféodées aux zones humides côtières.

D’après le rapport State of the World’s Birds, BirdLife International, l’annonce officielle en 2025 de l’extinction du courlis à bec grêle (Numenius tenuirostris) marque la première extinction mondiale d’un oiseau en Eurasie continentale et en Afrique ces dernières années.

Rapport State of the World’s Birds, BirdLife International

Les pressions anthropiques et la géographie des menaces sur les grands couloirs

L’intensification de l’agriculture, le changement climatique, la pollution et la chasse illégale figurent parmi les principaux moteurs de cette crise écologique. Les données montrent que la chasse et le piégeage affectent 99 espèces menacées, tandis que la destruction des habitats naturels laisse plus de la moitié des zones clés pour la biodiversité dans un état médiocre.

La situation varie fortement selon les régions du monde et les voies de migration empruntées par ces animaux :

  • En Amérique du Nord, les études signalent une perte nette d’environ 2,5 milliards d’oiseaux migrateurs entre 1970 et 2017.

Stuart Butchart, scientifique en chef chez BirdLife International, a souligné que les oiseaux migrateurs sont des sentinelles et que leur déclin révèle une pression croissante sur les systèmes naturels qui nous font vivre, tout en ajoutant que la science est tout aussi claire sur le fait que la conservation fonctionne, avec des actions coordonnées qui préviennent les extinctions et aident les populations à se rétablir, avant de conclure que les solutions existent et qu’il faut désormais les appliquer à l’échelle des voies de migration.

Stuart Butchart, chief scientist at BirdLife International

La Déclaration de Nairobi et les engagements financiers internationaux

Face à ces constats, le sommet de Nairobi s’est achevé par l’adoption de la Déclaration de Nairobi sur les voies de migration. Gouvernements, scientifiques et institutions financières se sont engagés à renforcer la coopération transfrontalière pour protéger les habitats des migrateurs.

Nearly half of world’s migratory bird species in decline, report warns
Photo: Anadolu Ajansı

Cette dynamique politique s’accompagne d’engagements financiers majeurs de la part des banques de développement. L’effort global s’appuie sur plusieurs enveloppes notables :

  • Trois banques de développement intègrent désormais la conservation des voies de migration dans leurs cadres de prêt, libérant 6 milliards de dollars pour la protection des habitats.

Des initiatives locales prouvent par ailleurs que la restauration des milieux naturels porte ses fruits.

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