L’Arabie saoudite a suspendu l’exploitation de son oléoduc Est-Ouest après des attaques de drones menées depuis le territoire irakien. Riyad a accepté de surseoir à toute riposte militaire immédiate à la demande de Bagdad, tandis que les cours du pétrole brut Brent ont atteint 104,56 dollars le baril en fin de semaine.
L’infrastructure énergétique saoudienne fait face à une escalade sécuritaire majeure. L’Arabie saoudite a temporairement arrêté son oléoduc Est-Ouest à la suite d’attaques perpétrées par plusieurs drones dans les régions de Riyad et de Médine, selon un communiqué diffusé par le ministère de l’Énergie saoudien. Ces frappes, survenues un jeudi matin, ont provoqué des blessures chez plusieurs personnes, qui ont immédiatement reçu des soins médicaux.
Les équipes d’urgence et les techniciens spécialisés ont été déployés sans délai pour sécuriser l’infrastructure et évaluer son niveau de sécurité, en liaison étroite avec les autorités compétentes. L’arrêt de l’oléoduc a été qualifié de mesure de précaution, le ministère précisant que toute évolution de la situation sera communiquée en temps utile.
L’implication de l’Irak et la décision de retenue de Riyad
Le ministère des Affaires étrangères saoudien a indiqué que les drones utilisés lors de ces attaques avaient été lancés depuis le territoire irakien. Toutefois, le Royaume a choisi de ne pas riposter pour l’instant, accédant ainsi à une requête formulée par le Premier ministre irakien, Ali Al-Zaidi, d’après les informations rapportées par l’agence de presse saoudienne.
donner au gouvernement irakien frère l’occasion de prendre les mesures nécessaires pour empêcher les attaques lancées depuis le territoire irakien contre le Royaume et les pays voisins. Ministère des Affaires étrangères saoudien, via Arab News
Malgré cette décision de surseoir aux représailles, la diplomatie saoudienne a tenu à souligner que le pays conserve son plein droit de prendre l’ensemble des mesures indispensables pour protéger sa souveraineté, sa sécurité nationale, ses installations et ses résidents.
La réponse de Bagdad et l’enquête sur les milices
Du côté irakien, le gouvernement a condamné fermement toute action menaçant la sécurité et la stabilité saoudiennes. L’exécutif a réaffirmé que le territoire et l’espace aérien du pays ne serviraient en aucun cas de rampe de lancement pour des offensives dirigées contre d’autres États.

L’État ne tolérera aucune activité qui expose l’Irak ou ses relations avec les pays frères et amis au danger. Porte-parole officiel du gouvernement irakien, via Arab News
Le Premier ministre irakien a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête pour identifier la milice à l’origine de ces frappes ainsi que les parties qui la soutiennent, afin d’engager des poursuites judiciaires à leur encontre. Le gouvernement de Bagdad a également exprimé sa reconnaissance envers la position de Riyad et sa réactivité face aux efforts diplomatiques irakiens visant à circonscrire la crise.
Impact sur les marchés pétroliers et pressions régionales
Cette interruption de l’oléoduc Est-Ouest pèse lourdement sur les flux d’exportation de brut.
Les répercussions sur les marchés mondiaux ont été immédiates. Le cours du pétrole brut Brent s’est établi à 104,56 dollars le baril en fin de semaine, après avoir enregistré une progression de plus de 8 pour cent sur l’ensemble de la période, tandis que les prix moyens du diesel aux États-Unis ont franchi pour la première fois le seuil des 6 dollars, soit 4 livres sterling.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte d’instabilité accrue au Moyen-Orient. Des attaques distinctes, menées par les rebelles houthis soutenus par l’Iran, ont également visé des infrastructures civiles et énergétiques à Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran, provoquant des incendies et l’arrêt temporaire de certaines opérations dans la zone sud de l’Arabie saoudite. Parallèlement, des sources militaires ont confirmé la prise de contrôle par les Houthis de la zone du détroit de Bab el-Mandeb et de l’île de Mayyun, renforçant les risques pesant sur le commerce maritime international et la circulation des pétroliers.
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