Arabie saoudite : Mohammed ben Salmane demande en vain l’aide de Donald Trump

L’Arabie saoudite se retrouve sous pression au Yémen face à l’avancée des rebelles houthis vers Bab el-Mandeb. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a sollicité en vain des frappes militaires directes auprès de Donald Trump, alors que Washington privilégie la sécurité du détroit d’Ormuz et refuse l’ouverture d’un nouveau front.

La situation militaire au Yémen bascule rapidement, plaçant Riyad dans une position délicate face à des rebelles houthis toujours plus entreprenants. L’intensification des combats et la prise de positions stratégiques clés illustrent un rapport de force en plein bouleversement dans la péninsule arabique.

L’offensive houthie et la progression vers Mokha

Le conflit yéménite a pris une tournure critique lorsque les combattants houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle de la ville côtière de Mokha. Cette avancée territoriale contraint les troupes yéménites soutenues par l’Arabie saoudite à battre en retraite, exposant directement la frontière et la sécurité du royaume.

Cette poussée militaire fait suite à la reprise des hostilités en juillet, consécutive au conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. En riposte, les Houthis avaient prononcé un blocus maritime visant l’Arabie saoudite. Pour contrer la nouvelle offensive au sol, l’armée saoudite a mené des dizaines de frappes aériennes, tandis que les rebelles ont répliqué en tirant des missiles balistiques et des drones vers le sud du territoire saoudien, d’après les informations rapportées par la même source.

Le double appel de Mohammed ben Salmane à Washington

Face à la détérioration de la situation sur le terrain et à l’échec des forces locales à contenir la menace, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a opéré un changement notable de stratégie. En juillet encore, Riyad affirmait pouvoir faire face seul à la rébellion houthie. Pourtant, face à l’urgence, le dirigeant saoudien a contacté directement l’administration américaine.

Lors du premier échange, il a dressé un tableau alarmant de la situation militaire. Quelques heures plus tard, il a rappelé le chef de l’État américain pour l’exhorter à lancer des frappes aériennes et de missiles directes contre les positions houthies.

Le refus net de Donald Trump et la priorité d’Ormuz

Malgré l’insistance de Riyad, la réponse de la Maison-Blanche a été négative. Le président américain a opposé un refus catégorique à la demande de frappes directes. L’administration américaine refuse d’ouvrir un nouveau front militaire au Yémen, préférant concentrer ses efforts et ses ressources sur l’Iran et sur la sécurisation du détroit d’Ormuz, jugée prioritaire pour les intérêts énergétiques des États-Unis.

Arabie saoudite : Mohammed ben Salmane demande en vain l'aide de Donald Trump
Photo: Navarashtra

Plutôt qu’une intervention armée directe, Washington maintient un soutien logistique et informationnel. Environ 200 militaires américains se trouvent déjà déployés en Arabie saoudite pour des missions non combattantes.

Coordinations sur le terrain et impact humanitaire

La visite en Arabie saoudite du chef du Commandement central américain (Centcom), Brad Cooper, témoigne de l’intensité des discussions bilatérales visant à coordonner la sécurité régionale sans engagement de combat direct. Cette concertation intervient dans un climat d’instabilité économique immédiate, les cours du pétrole ayant réagi par une hausse notable après la prise de Mokha.

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Sur le plan humain, le bilan des affrontements de la dernière semaine s’alourdit de jour en jour.

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