Pétrole : Le Brent frôle les 100 dollars après des attaques contre Aramco

Le baril de Brent frôle les 100 dollars après une série d’attaques de drones et de missiles menées par les rebelles houthis contre des sites d’Aramco en Arabie saoudite. Cette flambée des cours intervient alors que la production américaine de pétrole brut atteint un record historique de 13,95 millions de barils par jour.

Flambée des cours vers les 100 dollars et frappes en Arabie saoudite

Le marché pétrolier subit une pression intense avec des cours qui ont grimpé pour frôler le seuil psychologique des 100 dollars le baril. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a gagné 0,95% à 97,92 dollars, après avoir touché 99,46 dollars dans la journée. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, a avancé de 1,69% à 93,03 dollars. Le baril de pétrole Brent a par la suite franchi la barre des 100 dollars, mercredi 9 septembre, pour la première fois depuis fin juillet, dans la foulée de nouvelles frappes qui ont notamment ciblé des pétroliers au Moyen-Orient. Une hausse des prix qui a continué le jeudi 10 septembre.

Cette accélération haussière fait suite à des frappes menées avec des dizaines de drones et de missiles par les rebelles houthis du Yémen contre le sud de l’Arabie saoudite, un puissant exportateur d’or noir. Les attaques ont visé des sites du géant pétrolier Aramco à Abha, Najran et Jizan, ainsi que la base aérienne King Khalid à Khamis Mushait, selon leur porte-parole militaire Yahya Saree. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a dit y voir la «main de l’Iran». Selon Ryad, ces nouvelles frappes ont provoqué «des incendies sur plusieurs sites, entraînant l’interruption temporaire de certaines opérations».

Tensions géopolitiques et record de production aux États-Unis

L’Arabie saoudite était ces dernières années le principal exportateur mondial de pétrole brut. Le conflit au Moyen-Orient a amputé ses capacités d’export mais la situation dans le pays reste scrutée par les opérateurs. Au cœur des hostilités entre les Saoudiens et les rebelles yéménites figure le détroit de Bab el-Mandeb, de plus en plus utilisé par l’Arabie saoudite pour acheminer une partie de ses livraisons. Le pays cherche ainsi à éviter le détroit d’Ormuz, où la navigation y est particulièrement difficile et imprévisible. Une nouvelle «zone interdite» près de ce passage maritime stratégique devrait être annoncée «dans les prochains jours» par l’Iran, a annoncé dimanche le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Mohsen Rezaï. Même si Téhéran ne parvient pas à empêcher véritablement le passage des navires, «un durcissement des restrictions, un risque militaire accru et une hausse des coûts d’assurance pourraient réduire la capacité d’exportation effective du Golfe», précise Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. L’absence d’amélioration de la situation a conduit nombre d’experts à revoir à la hausse leurs perspectives pour les prix du brut. La prolongation du conflit pourra pousser le baril de Brent au-delà de 120 dollars, a ainsi prévenu la banque américaine Goldman Sachs. Les tensions dans le Moyen-Orient ont fortement perturbé le marché pétrolier, notamment les exportations en provenance du Golfe.

Pétrole : Le Brent frôle les 100 dollars après des attaques contre Aramco
Photo: cnews.fr
Arabie Saoudite: Attaque sur le plus grand site pétrolier du pays

Face à ces tensions sur l’offre mondiale, la production américaine de pétrole brut a atteint un nouveau record la semaine dernière, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de hausse des prix. Sur la semaine achevée le 4 septembre, les États-Unis ont produit 13,95 millions de barils par jour, un niveau jamais enregistré, selon les chiffres publiés ce jeudi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Cela représente 500.000 barils de plus par jour qu’à la même période l’année dernière. La hausse des prix pousse les producteurs américains à augmenter leur production, devenue plus rentable. Cette hausse reste toutefois insuffisante pour compenser les pertes enregistrées au Moyen-Orient.

L’utilisation des réserves stratégiques et la tension sur le raffinage

Washington continue également de puiser dans ses réserves pour limiter les conséquences du conflit. Les États-Unis ont ainsi sorti 1,2 million de barils supplémentaires de leur réserve stratégique, désormais à son niveau le plus bas depuis novembre 1982.

Pétrole : Le Brent frôle les 100 dollars après des attaques contre Aramco
Photo: france24.com

Les capacités de raffinage subissent également une forte pression internationale. Les raffineries ont continué de tourner à plein régime (à 97,8 % de leurs capacités). La demande en produits raffinés comme l’essence ou le diesel est encore plus forte que celle du brut, tirant les prix vers le haut. La tension est encore plus forte du côté de ces produits dérivés du pétrole du fait de capacités de raffinage mises à mal à la fois par les attaques au Moyen-Orient et celles autour de la mer Noire, entre l’Ukraine et la Russie. Selon l’EIA, les stocks ont de leur côté dégonflé d’environ 400.000 barils, quand le marché tablait sur une baisse plus prononcée (-1,35 million) selon la médiane d’un consensus établi par l’agence Bloomberg. Les importations se sont stabilisées tandis que les exportations de brut ont marqué le pas. Ce rapport n’a pas eu d’incidence sur les cours du pétrole, qui maintiennent leur envolée au-delà de 100 dollars le baril.

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