La modération de la réaction américaine face aux sanctions britanniques contre des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée révèle des tensions latentes à Washington. Alors que Londres durcit le ton pour préserver la solution à deux États, l’administration de Donald Trump gère un délicat équilibre géopolitique.
L’annonce par le Royaume-Uni de sanctions ciblant des colonies israéliennes dans la Cisjordanie occupée a provoqué une onde de choc diplomatique. Face à cette mesure, qualifiée par la BBC de signal de défi remarquable, Israël a riposté en menaçant de geler la mission diplomatique palestinienne de Londres, d’expulser le personnel militaire britannique d’une base de coordination près de Gaza et d’interdire de territoire onze parlementaires britanniques de gauche.
Le gouvernement britannique justifie sa décision par l’impératif de protéger le processus de paix
Le Foreign Secretary Ed Miliband avait préparé le terrain en annonçant une réinitialisation complète des relations avec Israël. Londres a agi au nom d’un impératif moral pour enrayer la destruction de la solution à deux États et pour contrer le laxisme prêté au gouvernement israélien face aux violences des colons contre les Palestiniens.
Cette initiative a reçu le soutien de plusieurs députés du Labour, à l’instar d’Emily Thornberry, présidente de la commission des Affaires étrangères, qui a affirmé sur les ondes de la BBC qu’il fallait tout faire pour préserver l’horizon d’un État palestinien, gage de sécurité pour Israël. En revanche, d’autres voix au sein du parti se sont montrées alarmistes. Le député Peter Prinsley, vice-président honoraire de l’association Labour Friends of Israel, a mis en garde contre un risque accru d’attaques visant la communauté juive britannique.
Washington opte pour le pragmatisme et évite la confrontation ouverte avec Londres
Avant même la publication des mesures britanniques, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, avait laissé entrevoir d’éventuelles représailles économiques de Washington contre le Royaume-Uni. Pourtant, la réponse officielle de la Maison-Blanche est restée mesurée. Interrogé en route vers la Colombie, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré qu’il était évident qu’ils n’allaient pas faire ce qu’avait fait le Royaume-Uni, qu’ils avaient vu leur annonce ce jour-là mais qu’il n’avait aucun commentaire à faire à ce sujet pour le moment.
Selon le média britannique, le Royaume-Uni avait pris le soin d’avertir l’administration américaine en amont, notamment lors d’un entretien téléphonique entre Donald Trump et le Premier ministre britannique Andy Burnham. Si Washington partage l’objectif de stabilité régionale et redoute une recrudescence des violences en Cisjordanie, les discussions internes au sein de l’exécutif américain ont surtout visé à écarter toute décision qui pourrait léser les intérêts des entreprises américaines.
Israël brandit la menace de représailles internationales et diplomatiques
Du côté israélien, les réactions n’ont pas tardé à tomber. Le chef de la diplomatie Gideon Saar a prévenu que toute action hostile de la part de Londres entraînerait une réplique symétrique.

Dans un registre plus inattendu, le ministre d’extrême droite Itamar Ben-Gvir a suggéré qu’il était temps pour Israël de reconnaître officiellement les îles Falkland comme territoire argentin. Alors que Donald Trump a indiqué qu’il s’entretiendrait directement avec les autorités israéliennes pour comprendre les ressorts de cette escalade, la situation met en lumière les fissures croissantes au sein de la coalition occidentale face à la colonisation des territoires occupés.
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