Analyse des protéines sanguines pour diagnostiquer les maladies rares

Des chercheurs de Queen Mary University of London, du Berlin Institute of Health et de Genomics England démontrent qu’une analyse de protéines sanguines peut compléter le séquençage du génome entier pour diagnostiquer des maladies rares et élucider des variants génétiques incertains, selon une étude.

L’apport décisif des protéines face aux limites du séquençage génomique

Le séquençage du génome a profondément transformé la médecine, mais de nombreux patients restent sans diagnostic précis. Pour pallier cette lacune, des équipes scientifiques se tournent vers la protéomique à grande échelle, combinant l’analyse de près de 1 500 protéines sanguines aux données génomiques issues de projets d’envergure comme le 100,000 Genomes Project comme le rapporte la recherche publiée sur l’exploitation combinée des données.

Cette approche permet d’observer un « readout » fonctionnel des modifications génétiques. Les chercheurs ont constaté que des taux anormalement bas ou élevés de protéines dans le sang aident à interpréter les modifications de l’ADN dont la pathogénicité restait incertaine.

Le Dr Julia Carrasco-Zanini, de la Queen Mary University of London’s Precision Healthcare University Research Institute, a souligné que si le séquençage du génome a transformé notre capacité à diagnostiquer les maladies rares, il ne fournit toujours pas de réponse pour de nombreux patients.

Résoudre l’énigme des variants de signification incertaine

L’un des principaux obstacles en génomique médicale réside dans l’interprétation des variants de signification incertaine, désignés par l’anglicisme variants of uncertain significance. Ces mutations, identifiées par le séquençage, manquent souvent de preuves cliniques suffisantes pour établir leur responsabilité directe dans une pathologie.

Analyse des protéines sanguines pour diagnostiquer les maladies rares
Photo: news-medical.net

En mesurant simultanément des milliers de protéines, les scientifiques disposent d’un indice biologique supplémentaire. Si un variant génétique s’accompagne d’un déficit protéique marquant, la probabilité que ce changement perturbe le fonctionnement du gène s’accroît considérablement selon l’étude menée par les chercheurs de Queen Mary University of London.

Des pistes thérapeutiques inédites pour les maladies vasculaires et cardiaques

L’analyse protéomique combinée s’est révélée particulièrement efficace pour des affections complexes telles que la télangiectasie hémorragique héréditaire, une maladie rare qui touche les vaisseaux sanguins. Au-delà des diagnostics affinés, cette méthode a permis de repérer des anomalies moléculaires ignorées par les criblages traditionnels.

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Photo: science-et-vie.com

Les équipes ont notamment mis en lumière le cas d’un patient atteint d’une affection cardiaque inexpliquée, présentant un taux exceptionnellement bas de la protéine TIE1 ainsi qu’un variant rare sur le gène correspondant. Des analyses cellulaires complémentaires ont confirmé la réduction de la signalisation de cette protéine, ouvrant de nouvelles pistes d’investigation pour les maladies héréditaires.

Le professeur Damian Smedley, de la Queen Mary University of London, a expliqué que pour les personnes vivant avec une maladie rare, l’obtention d’un diagnostic peut s’avérer un processus long et frustrant, précisant que si le séquençage du génome s’est révélé extrêmement puissant, il existe inévitablement des cas où les informations génétiques seules ne suffisent pas.

Perspectives pour le parcours clinique des patients

La convergence des données cliniques et des dosages protéiques offre une lueur d’espoir pour raccourcir l’errance diagnostique des malades. Les travaux menés suggèrent que l’utilisation conjointe du génome et du profil protéique pourrait guider les cliniciens vers des examens plus ciblés, réduisant ainsi les impasses médicales pour de nombreux patients atteints de pathologies rares d’après les conclusions formulées par l’équipe de recherche.

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