Ryanair a demandé la démission immédiate du directeur général de NATS, Martin Rolfe, à la suite d’une nouvelle panne du système de contrôle du trafic aérien britannique le mardi 8 septembre, touchant plus de 65 000 passagers et entraînant l’annulation de plus de 50 vols.
La compagnie aérienne irlandaise exige le départ de la direction de NATS après cet incident majeur qui a frappé l’espace aérien britannique. Les perturbations surviennent à peine trois ans après la panne catastrophique d’août 2023, ravivant les tensions entre les compagnies aériennes à bas coûts et le principal fournisseur de services de navigation aérienne du Royaume-Uni.
Les répercussions de la panne du 8 septembre et la colère des compagnies
Plus de 65 000 clients de Ryanair ont subi des retards allant jusqu’à huit heures, tandis que plus de 50 liaisons programmées ont dû être annulées. Selon le directeur de l’exploitation de Ryanair, Neal McMahon, les familles en vacances et les voyageurs d’affaires paient une fois de plus le prix d’une gestion défaillante, malgré des hausses tarifaires continues imposées aux compagnies.
La compagnie souligne que les taxes de contrôle aérien perçues au Royaume-Uni ont augmenté depuis 2022. La direction de la compagnie pointe du doigt le salaire et les primes annuelles du dirigeant de l’organisme, qui s’élèvent à plus de £1.4m p.a., estimant inacceptable qu’un tel niveau de rémunération coïncide avec des défaillances récurrentes.
Un conflit récurrent ancré depuis la crise de 2023
La fronde menée contre la direction de NATS ne date pas d’hier. Le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, critique ouvertement l’institution depuis les perturbations historiques du week-end de la fête civique d’août 2023, où des pénuries de personnel avaient déjà contraint la compagnie à annuler plus de 350 vols.
Neal McMahon, directeur de l’exploitation de Ryanair, via Ryanair, a indiqué qu’à la suite de la panne de 2023, on leur avait affirmé que des leçons seraient tirées, que la résilience serait améliorée et que les systèmes avaient été réparés.
D’autres incidents similaires se sont produits récemment, notamment le samedi 31 mai, date à laquelle près de 12 000 passagers transitant par l’aéroport de Londres-Stansted ont fait l’objet de retards atteignant 50 minutes en raison de manques d’effectifs au sein des centres de contrôle, selon les informations de la plateforme d’actualités aéroportuaires regionalgateway.net. À l’époque, Michael O’Leary avait déclaré que cet incident constituait le dernier en date d’une longue série de bévues et avait exhorté le dirigeant à se retirer et à laisser quelqu’un de compétent gérer des services de contrôle du trafic aérien britanniques efficaces, ce que les compagnies aériennes et les passagers sont en droit d’attendre.
Le classement européen des retards et la pression sur les ministres des transports
Le transporteur a publié la semaine précédente son indice des retards pour le premier semestre 2025, baptisé League of Delays
. Le Royaume-Uni y occupe la cinquième place, avec 1 652 vols et plus de 295,000 passagers touchés. En tête de ce classement figure la France, suivie de l’Espagne, de l’Allemagne et du Portugal.

La situation européenne générale a également été marquée par 5 000 heures de retard cumulées sur plus de 34,000 vols le dimanche 1er juin, en raison de pénuries de personnel dans les centres continentaux. Face à cette situation, la compagnie interpelle directement les ministres des transports européens ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Michael O’Leary, directeur général de Ryanair, via regionalgateway.net
Pour faire pression sur les autorités, la compagnie a ouvert un site Internet invitant les usagers à adresser des réclamations directes à leur ministre de tutelle. Les données de l’entreprise rappellent par ailleurs que l’année 2024 a battu des records de lenteur dans l’espace aérien européen, malgré un trafic global inférieur aux niveaux d’avant la pandémie, tandis que les redevances facturées aux transporteurs ont bondi sur la même période.
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