Des chercheurs du KAIST ont identifié l’origine de faux signaux topographiques dans l’analyse nanoscopique des batteries. En utilisant un polisseur cryogénique à section transversale, l’équipe a éliminé ces artéfacts de surface, garantissant des mesures plus fiables pour le développement des batteries de nouvelle génération.
Un signal suggérant un déplacement d’ions à l’intérieur d’une batterie peut en réalité relever d’une illusion visuelle provoquée par une surface irrégulière. Une équipe de recherche du KAIST (Korea Advanced Institute of Science and Technology) a mis en lumière la source de ces perturbations méthodologiques susceptibles d’induire les scientifiques en erreur lors de l’examen microscopique des cellules de stockage d’énergie, selon l’étude publiée par l’établissement.
L’avancée concerne directement la conception des accumulateurs de nouvelle génération, parmi lesquels figurent les batteries tout-solide et les accumulateurs sodium-ion. Leurs performances et leur longévité dépendent étroitement de la fluidité avec laquelle les ions lithium ou sodium circulent au fil des charges et des décharges successives.
Le rôle de la microscopie de déformation électrochimique et l’origine des interférences topographiques
Pour cartographier les zones où les ions migrent librement ou se heurtent à des obstacles, les chercheurs recourent couramment à la microscopie de déformation électrochimique (connue sous l’acronyme ESM), une technique dérivée de la microscopie à force atomique. Cet outil analyse la surface des composants à l’échelle nanoscopique pour consigner les variations volumétriques induites par le mouvement ionique.
Toutefois, la topographie irrégulière des matériaux perturbe ces relevés. Lorsque la surface présente des rugosités, le degré de contact entre la pointe de l’instrument et l’échantillon fluctue constamment au cours du balayage, provoquant des variations de la rigidité de contact locale. Ces modifications mécaniques se convertissent ensuite, par l’intermédiaire des délais de la boucle de rétroaction, en signaux électriques imitant fidèlement un véritable transport ionique.
Vérification expérimentale sur silicium monocristallin et matériaux réels
Pour isoler ces effets topographiques des flux ioniques réels, les scientifiques ont gravé de fines tranchées sur un substrat de silicium monocristallin dépourvu d’ions mobiles. Les analyses de cet échantillon inerte et non conducteur ont démontré que les seules variations de hauteur suffisaient à engendrer des signaux artificiels identiques à ceux enregistrés dans les composants actifs.

Ce phénomène s’observe de la même manière sur les composants de batteries conventionnelles. L’examen d’une anode en graphite et de l’électrolyte solide à base de sodium Na₂Zn₂TeO₆ a confirmé que les signaux ESM fluctuent directement en fonction de la morphologie de surface, touchant ainsi une grande variété de matériaux d’électrodes, comme le soulignent les chercheurs sud-coréens.
Le polissage cryogénique pour éliminer les faux signaux aux joints de grains
Pour remédier à ces distorsions, l’équipe a mis au point un protocole de préparation reposant sur un polisseur cryogénique à section transversale qui utilise un faisceau d’ions argon. L’argon, chimiquement inerte dans la plupart des conditions, permet d’aplanir les surfaces avec précision sans altérer les propriétés intrinsèques de l’échantillon.
Avant ce traitement de lissage, de puissants signaux apparaissaient au niveau des joints de grains — les interfaces où se joignent les micro-cristaux formant le matériau. Après le passage de l’instrument de polissage, ces hausses artificielles ont totalement disparu, invalidant l’interprétation selon laquelle ces zones constituaient nécessairement des couloirs de conduction rapide.
Cette étude a analysé les matériaux de batteries à l’échelle nanoscopique et a clairement établi comment les variations de hauteur de surface affectent les résultats de mesure. Nous prévoyons qu’elle contribuera à identifier plus précisément le mouvement des ions à l’intérieur des batteries et à concevoir les principes de fonctionnement des matériaux de batteries de nouvelle génération. Professeur Seungbum Hong, Département de science et génie des matériaux au KAIST
Perspectives pour la modélisation par intelligence artificielle et le stockage énergétique
L’élimination de ces bruits de mesure procure une base d’information essentielle pour concevoir des structures facilitant la mobilité ionique, favorisant ainsi des recharges plus rapides et une longévité accrue des accumulateurs.

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