Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux militants d’ultradroite, comparaissent à partir de ce lundi 7 septembre 2026 devant la cour d’assises de Paris. Ils sont jugés pour l’assassinat en mars 2022 de l’ancien international de rugby argentin Federico Martín Aramburu en plein cœur de la capitale.
Quatre ans après les faits qui ont ému le monde du sport et secoué le quartier Saint-Germain-des-Prés, le procès s’ouvre ce lundi devant la juridiction criminelle parisienne. Loïk Le Priol, âgé de 32 ans, ancien commando marine et figure du Groupe Union Défense, doit répondre d’assassinat. Son coaccusé, Romain Bouvier, 35 ans, comparaît pour tentative d’assassinat.
Une altercation matinale au café Mabillon
Le drame trouve son origine dans une dispute nocturne qui a rapidement dégénéré en quelques minutes. Vers 5 heures du matin, au cœur du Quartier Latin, l’ancien joueur des Pumas Federico Martín Aramburu et son associé Shaun Hegarty s’installent à la terrasse de l’établissement le Mabillon pour manger un morceau avant de se rendre au Stade de France pour le match France-Angleterre.
À une table voisine se trouvent Romain Bouvier, Loïk Le Priol et la compagne de ce dernier, Lyson Rochemir. Les échanges s’engagent dans une atmosphère détendue mais marquée par l’alcool. La situation s’envenime lorsqu’un client est rudoyé par Loïk Le Priol. Shaun Hegarty formule des reproches, auxquels Le Priol répond par une provocation en lui tapotant la tête, selon les éléments rapportés par la justice.
À l’intérieur de l’établissement, une caméra de surveillance filme Loïk Le Priol en train de manipuler une arme de poing dissimulée dans sa ceinture. Lorsque Federico Martín Aramburu quitte les lieux vers 6 heures, il passe derrière Le Priol et l’attrape par la capuche, le faisant basculer. Une bagarre éclate sur le trottoir, laissant l’ancien militaire avec des dents cassées avant que les deux sportifs ne s’éloignent à pied.
Des tirs en série sur le boulevard
Hors de lui, Loïk Le Priol hurle des menaces de mort avant de demander à sa compagne d’aller chercher sa Jeep. Les assaillants rattrapent les deux anciens joueurs de rugby sur le boulevard. Romain Bouvier ouvre le feu à plusieurs reprises, expliquant par la suite avoir agi par panique pour couvrir sa fuite.
Blessé une première fois, Federico Martín Aramburu se relève au moment où Loïk Le Priol accourt à son tour pour faire usage d’une arme à feu. L’ancien militaire tire six coups de feu. Mortellement atteint, le rugbyman s’effondre sur le bitume. Ses derniers mots, prononcés auprès de son ami Shaun Hegarty, traduisent l’issue tragique de cette agression : Je vais mourir
.
Les deux mis en cause prennent immédiatement la fuite. Loïk Le Priol est interpellé quelques jours plus tard en Hongrie alors qu’il s’apprête à gagner l’Ukraine, tandis que Romain Bouvier est appréhendé dans la Sarthe à la suite d’un paiement bancaire.
Un lourd passé violent et la question du stress post-traumatique
L’instruction judiciaire a mis en lumière un ancrage ancien dans la violence, les armes et l’alcool chez les deux accusés. Les enquêteurs ont exhumé une agression commise en octobre 2015 contre un ancien responsable du GUD. Cet épisode, qualifié de méthode inspirée de l’univers d’Orange mécanique, avait valu aux deux hommes une peine de prison ferme pour des faits de séquestration et d’humiliation filmée.

Au cours des débats devant la cour d’assises, la défense devrait soulever la question d’un trouble de stress post-traumatique hérité des engagements militaires de Loïk Le Priol. Un rapport d’expertise avait retenu une altération de son discernement lors de condamnations antérieures, un point qui s’annonce central pour les assesseurs et les jurés tout au long de ce procès prévu pour durer.
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