Charge mentale : les femmes portent majoritairement le poids du foyer

Une charge mentale invisible repose en grande majorité sur les femmes, englobant l’anticipation, l’organisation et l’exécution des tâches du foyer. De nouvelles recherches menées par l’Université de Bath et l’Université de Melbourne mettent en lumière cet écart persistant au sein des couples, révélant des impacts marqués sur la carrière et la santé des mères.

La répartition de la charge mentale et le fossé entre les genres

La charge mentale désigne le travail de réflexion et de planification nécessaire pour assurer le bon fonctionnement d’une famille, englobant les plannings, l’organisation et la gestion quotidienne selon les recherches de l’Université de Bath et de l’Université de Melbourne. Les données publiées dans le Journal of Marriage & Family indiquent que les mères prennent en charge seven in ten (71%) des tâches liées à la charge mentale à la maison, tandis que les pères en gèrent une part bien inférieure.

Cette étude réalisée auprès de parents aux États-Unis montre que les mères assument ainsi une part majeure des tâches quotidiennes comme le ménage et la garde des enfants. De leur côté, ces derniers se concentrent davantage sur des tâches épisodiques telles que les finances et les réparations domiciliaires. Dans le même temps, les hommes ont tendance à surestimer leur contribution et considèrent plus souvent que les femmes que les responsabilités du foyer sont partagées équitablement.

Des racines ancrées dès le congé maternité et le quotidien

Pour de nombreuses familles, le déséquilibre s’installe dès l’arrivée des enfants. Les femmes s’arrêtent généralement plus longtemps pour le congé maternité que les pères pour le congé paternité, ce qui les positionne d’emblée comme le parent de référence selon les témoignages recueillis. En Grande-Bretagne, par exemple, les mères peuvent bénéficier d’un congé de 52 semaines, tandis que les pères disposent de deux semaines.

Charge mentale : les femmes portent majoritairement le poids du foyer
Photo: linkedin.com

Cette dynamique se retrouve dans les enquêtes menées à plus grande échelle.

Charge mentale : les femmes portent majoritairement le poids du foyer
Photo: unwomen.org

Un ingénieur en informatique français a souligné via le Boston Consulting Group que lorsqu’un homme s’attend à ce que sa partenaire lui demande de faire les choses, il la perçoit comme la gestionnaire des tâches ménagères, tout en précisant que le problème réside dans le fait que planifier et organiser les choses constitue déjà un emploi à temps plein, et que lorsque l’on demande aux femmes d’assumer cette tâche d’organisation tout en exécutant une grande partie du travail, cela représente finalement 75 % de la charge totale.

L’origine du concept et son impact sur la vie professionnelle

Le concept de la charge mentale a gagné en visibilité grâce à une bande dessinée virale publiée en 2017 par un ingénieur en informatique français analysée par les publications spécialisées. Au-delà des tâches physiques, ce travail de gestion invisible conduit à ce que les chercheurs décrivent comme un repos contaminé, où le corps s’arrête mais où l’esprit continue de faire défiler les listes de choses à faire.

Charge mentale : Pourquoi les femmes actives en souffrent et comment y remédier ?

Ce cumul de responsabilités pèse lourdement sur la trajectoire professionnelle des femmes.

Pistes de réflexion et tentatives d’allègement de la charge

Face à l’ampleur de ce déséquilibre, des spécialistes explorent des solutions concrètes pour rééquilibrer le quotidien. Certains accompagnateurs suggèrent de redéfinir la manière dont les tâches sont abordées au sein du couple, en évitant d’ajouter de la charge mentale à son ou sa partenaire par des questions imprécises et en proposant des options préméditées comme le suggèrent les observations de praticiens du domaine.

A woman holds a calendar and is writing things down, while a small child peers at the calendar
Photo: bbc.co.uk

Parallèlement, l’arrivée de nouveaux outils technologiques et d’assistants numériques soulève des questions sur leur capacité réelle à alléger ce travail. Si l’intelligence artificielle peut théoriquement résumer des e-mails scolaires ou organiser des rendez-vous, l’écrivaine et chercheuse Marianne Cooper met en garde contre une hausse potentielle des exigences sociétales, où les critères de la “bonne mère” pourraient simplement s’élargir vers encore plus de suivi et d’optimisation selon les analyses relayées sur les réseaux professionnels.

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