L’odeur corporelle communément associée au vieillissement, souvent appelée familièrement odeur de personne âgée, est un phénomène biologique naturel et chimique lié à la production de 2-nonénal par la peau. Selon des recherches identifiées dès 2001, ce changement cutané commence dès la quarantaine chez l’homme et chez la femme, alors que les défenses antioxydantes naturelles commencent à faiblir.
Loin d’être le signe d’un manque d’hygiène ou d’une toilette négligée, cette senteur spécifique s’explique par des transformations moléculaires qui se produisent au cœur même de l’épiderme. Le phénomène, qui porte le nom de kareishu au Japon, touche l’ensemble des individus à mesure que le corps avance en âge, modifiant la composition du film protecteur de la peau.
La chimie de la peau derrière la production de 2-nonénal
L’origine de ce parfum persistant réside dans un aldéhyde gras, le 2-nonénal. Cette substance volatile se forme dans le sébum, cette substance grasse et huileuse sécrétée pour protéger l’épiderme. Avec le temps, la composition du sébum évolue et se charge en acides gras insaturés, en particulier l’acide palmitoléique.
Au contact de l’air, ces graisses subissent une réaction d’oxydation appelée peroxydation lipidique. Cette réaction fragmente les acides gras en composés plus petits et odorants. Comme le soulignent les publications scientifiques, ce processus s’accélère aux alentours de la quarantaine, car les défenses antioxydantes naturelles de l’organisme commencent alors à s’affaiblir. Les bouleversements hormonaux liés à la ménopause renforcent également cette évolution de la composition sébacée. Certains traitements contre le cholestérol, la dépression ou les troubles de l’attention pèsent eux aussi sur l’odeur corporelle, tandis qu’un changement soudain et inexpliqué peut trahir un souci de santé allant de certains cancers à des maladies neurologiques.
Pourquoi l’eau et le savon ne suffisent pas à éliminer cette odeur
L’une des caractéristiques les plus déroutantes de cette signature olfactive est sa résistance au lavage quotidien. Le 2-nonénal étant un composé gras et peu soluble dans l’eau, il adhère solidement à la surface de la peau ainsi qu’aux textiles environnants.
Cette molécule s’accroche durablement aux oreillers, aux draps et aux vêtements. Les lavages classiques en machine ne parviennent pas toujours à l’éliminer totalement, ce qui fait que l’odeur imprègne durablement les tissus. Dan Wesson, neuroscientifique à l’université de Floride et spécialiste de l’odorat, indique que s’en débarrasser nécessite des méthodes bien plus spécifiques qu’une simple douche.
Pistes de solutions et innovations cosmétiques pour limiter le phénomène
S’il est impossible d’enrayer complètement un processus biologique naturel, plusieurs approches permettent de freiner l’oxydation des lipides et l’accumulation du 2-nonénal. Les spécialistes recommandent une bonne hydratation, une alimentation riche en fruits et légumes ainsi que l’utilisation de soins cutanés riches en antioxydants. Sont également recommandées l’activité physique, la réduction de l’alcool et l’arrêt du tabac. Chez les femmes concernées par la ménopause, un traitement hormonal peut également être envisagé après discussion avec un médecin.

Sur le plan pratique, l’utilisation de nettoyants capables d’éliminer plus efficacement les corps gras sur la peau s’avère plus utile qu’un savon traditionnel. Entretenir un environnement propre en lavant régulièrement la literie, en aérant les pièces et en choisissant des textiles respirants aide également à limiter l’imprégnation.
Au Japon, où le sujet est documenté depuis longtemps, l’industrie cosmétique a développé des produits d’hygiène spécifiques pour contrer ce composé. Des fabricants ont notamment mis au point des formules à base d’extraits de persimon et de thé vert. Les tanins contenus dans les persimons aident à décomposer le 2-nonénal pour l’évacuer de l’épiderme, tandis que les antioxydants du thé vert procurent un effet détoxifiant et désodorisant complémentaire.
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