Dévoilé lors des Geneva Watch Days 2026, le chronographe mécanique SC02C de Konstantin Chaykin marque le passage d’un instrument professionnel testé par Roscosmos lors de quatre sorties dans l’espace à une édition civile limitée à 28 exemplaires. La manufacture Konstantin Chaykin et l’agence spatiale russe ont ainsi concrétisé un projet débuté en 2018.
Quatre sorties extravéhiculaires et huit années de développement avec Roscosmos
Le projet de ce chronographe spatial a débuté en 2018 grâce à une collaboration étroite entre la manufacture horlogère et Roscosmos. L’objectif initial consistait à concevoir un garde-temps mécanique capable de résister aux conditions rigoureuses des missions hors de la station orbitale. Les premiers prototypes, baptisés Space Conqueror, ont été acheminés à bord de la station en avril 2021.
Durant cette première phase, un prototype est resté à l’intérieur tandis qu’un autre a accompagné le cosmonaute Oleg Novitsky lors de sorties les 2 juin et 9 septembre. L’analyse des données recueillies au retour de ces missions a permis aux ingénieurs d’apporter des modifications structurelles majeures, notamment au niveau de la fixation du verre saphir. La chronologie des tests spatiaux s’est poursuivie avec une nouvelle sortie menée par Oleg Artemyev le 17 août 2022.
Plus récemment, les cosmonautes Sergey Kud-Sverchkov et Sergey Mikayev ont porté les chronographes de nouvelle génération pendant une mission extravéhiculaire de six heures et six minutes, le 27 mai 2026. Au total, les montres de la manufacture ont participé à quatre sorties spatiales, s’attachant directement par-dessus les combinaisons Orlan-MKS grâce à un bracelet en tissu étendu.
Une conception instrumentale pensée pour les charges extrêmes
Adapté pour un usage civil tout en préservant ses gènes professionnels, le boîtier en acier inoxydable du SC02C affiche un diamètre de 44 millimètres pour une épaisseur de 14,5 millimètres. Il intègre une lunette tournante unidirectionnelle et s’accompagne d’un fond de boîte massif gravé, fixé par dix vis pour garantir une protection maximale du mécanisme.
La résistance aux contraintes physiques se lit dans chaque détail technique. Le verre saphir adopte une construction en contre-dépouille inversée avec un bord biseauté conçu pour empêcher toute éjection du cristal sous l’effet des variations de pression ou des charges extrêmes. La structure du boîtier encaisse des pressions de vide descendant jusqu’à 1 × 10⁻⁶ atmosphères, tandis qu’un blindage antimagnétique protège le mouvement jusqu’à 4 800 A/m. L’étanchéité est quant à elle garantie à 100 mètres.
Le calibre K.20-5 et les spécificités du cadran
Sous le cadran noir profond se trouve le mouvement à remontage manuel K.20-5, dérivé du célèbre calibre historique Poljot 3133. Ce dernier s’inscrit dans la lignée du calibre 3017 qui équipait le chronographe Strela porté en 1965 par Alexei Leonov lors de la première sortie extravéhiculaire de l’histoire humaine. La manufacture a profondément modifié le mouvement d’origine en produisant 60 composants spécifiques.
Le mécanisme intègre un compteur de chronographe sur 12 heures, une fonction stop-secondes ainsi qu’un réglage micrométrique du balancier par masselottes. Un anneau d’amortissement protège l’ensemble contre les vibrations. Le mouvement bat à une fréquence de 21 600 alternances par heure et procure une réserve de marche de 45 heures, avec une précision annoncée de -15/+15 secondes par jour.
Côté ergonomie visuelle, l’aiguille des heures à pointe rouge, inspirée du modèle Mars Conqueror Mk3, sert à manipuler plus aisément l’échelle de 12 heures de la lunette tournante pour mesurer les temps écoulés. Les aiguilles, les index et la lunette bénéficient tous d’un revêtement luminescent.
Disponibilité et perspectives pour les collectionneurs
Limitée à seulement 28 pièces dans le monde, cette édition civile ne se contente pas d’arborer une esthétique inspirée de l’espace. Elle intègre directement ses acquéreurs dans un programme de recherche continu, les performances de ces garde-temps portés au quotidien fournissant un flux de données supplémentaire à la marque. Le prix de vente reste à confirmer par le fabricant.
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