D’un coût dépassant les 4 milliards de dollars, l’observatoire entreprend une mission historique pour cartographier le cosmos, percer les mystères de l’expansion de l’univers et traquer des milliers d’exoplanètes.
Développé pendant plus d’une décennie et baptisé en l’honneur de la première astronome en chef de l’agence, l’appareil s’élance pour accomplir une cartographie sans précédent du cosmos. L’observatoire spatial franchit une étape majeure dans l’histoire de l’astrophysique, s’apprêtant à scruter les confins de l’univers pour répondre aux interrogations restées en suspens sur son accélération.
Le lancement historique depuis la Floride et le voyage vers le point de Lagrange
La fusée Falcon Heavy de SpaceX a quitté le sol à 07H26, soit 11H26 GMT, depuis la rampe de lancement en Floride, selon la retransmission vidéo de l’agence spatiale américaine. Ce départ marque l’aboutissement de plus de dix années de conception technique et un investissement financier dépassant les 4 milliards de dollars.
Il entame un périple d’environ cent jours pour atteindre sa destination finale, située à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Depuis ce poste d’observation privilégié, il bénéficiera d’un recul idéal pour sonder les profondeurs spatiales sans subir les interférences atmosphériques terrestres.

Développé pendant plus d’une décennie pour un coût dépassant les 4 milliards de dollars, le télescope est baptisé en l’honneur d’une des plus grandes astronomes américaines, Nancy Grace Roman, surnommée la “mère de Hubble”, du nom d’un autre télescope phare de la Nasa.
Le président américain Donald Trump a assuré vendredi lors d’une cérémonie dans les locaux de la Nasa qu’il permettrait de percer les secrets de l’univers.
Le chef de l’agence spatiale américaine Jared Isaacman avait, lui, insisté en le dévoilant à la presse en avril qu’il offrirait à la Terre un nouvel atlas de l’univers.
Un champ de vision révolutionnaire et la quête de l’invisible
Doté d’un instrument infrarouge grand champ de 300 mégapixels, le télescope Roman possédera une capacité d’observation surpassant largement celle de ses prédécesseurs. L’appareil offrira une surface d’imagerie par cliché cent fois plus grande que celle des caméras d’Hubble, tout en fonctionnant en tandem avec le télescope James Webb.

Avec son champ de vision plus de 100 fois supérieur à celui d’Hubble et bien plus large que celui du célèbre James Webb, il ratissera de vastes zones du ciel depuis un point de vue privilégié, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, qu’il rejoindra après environ 100 jours de voyage.
Pensé pour travailler en tandem avec d’autres appareils comme James Webb – plus puissant et précis – il ambitionne de découvrir des milliers d’exo-planètes et des dizaines de milliers de supernovas, c’est-à-dire d’étoiles massives en fin de vie.
Les scientifiques comptent sur cette sensibilité pour dresser le plus grand catalogue d’objets astronomiques jamais réalisé. Il s’agira du plus grand catalogue d’objets astronomiques jamais réalisé, et il nous aidera à comprendre à quel point les systèmes solaires comme le nôtre sont courants, a expliqué Dave Content, responsable technique du télescope, dans des propos rapportés par l’Agence France-Presse.
Il doit aussi mieux appréhender l’invisible, c’est-à-dire la matière et l’énergie noires, dont on ne connaît pas l’origine mais que l’on pense représenter 95% de notre univers.
Au-delà de la cartographie des exoplanètes et des supernovas, la mission s’attaque à la matière noire et à l’énergie noire. Le premier phénomène est perçu comme une sorte de ciment gravitationnel, tandis que le second est compris comme une force répulsive impliquée dans la fameuse expansion de notre univers.
Grâce à sa vision infrarouge, le télescope pourra observer la lumière émise par des objets célestes il y a des milliards d’années et remonter ainsi dans le temps.
Mettre à l’épreuve le modèle standard de l’univers
Les observations du télescope Roman viendront compléter les travaux d’autres observations cosmiques. Ces données s’annoncent cruciales pour résoudre les interrogations restées en suspens sur cette expansion.

L’ensemble des données récoltées sera mis à la disposition du grand public et des chercheurs du monde entier. En raison du volume gigantesque d’informations transmises chaque jour, la communauté scientifique anticipe que les découvertes les plus marquantes résulteront de surprises inattendues, ouvrant la voie à de nouvelles interrogations fondamentales sur l’architecture du cosmos.
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