L’investisseur activiste Carl Icahn a réduit sa participation dans JetBlue Airways à 3,32 % et a abandonné ses deux sièges au conseil d’administration. Cette baisse de régime met un terme à une présence au capital amorcée en 2024, alors que la compagnie aérienne poursuit sa stratégie de redressement pluriannuelle baptisée JetForward.
La structure de gouvernance de la compagnie aérienne subit un changement majeur après le désengagement partiel de l’un de ses actionnaires historiques les plus remuants. Le conseil d’administration se trouve ainsi réduit à onze membres, dont dix administrateurs indépendants.
Une participation tombée sous le seuil réglementaire
L’évolution des parts détenues par le groupe Icahn explique ce départ contraint. Lorsque l’investisseur activiste avait officialisé son entrée au capital en 2024, il revendiquait une participation d’environ 10 %, précisément 9,91 %, avec un cours de clôture de l’action fixé à 6,07 dollars le 12 février de cette année-là. Dans le cadre de cet accord initial, JetBlue avait accepté d’intégrer les deux hommes de main d’Icahn au conseil d’administration, obtenant en échange l’assurance que le groupe ne mènerait pas de bataille par procuration lors de l’assemblée générale annuelle.
Cependant, les derniers documents réglementaires font état d’une chute drastique de cette position. L’action a suivi une trajectoire baissière parallèle, clôturant à 4,74 dollars à la même date, soit un repli d’environ 22 % depuis l’annonce initiale de l’investissement.
Les défis financiers et la mise en œuvre de la stratégie JetForward
Ce recul boursier intervient dans un contexte opérationnel complexe pour le transporteur. Depuis 2024, JetBlue fait face à une série de vents contraires, comprenant des immobilisations d’appareils en raison de problèmes sur les moteurs Pratt & Whitney, des charges d’exploitation élevées et l’échec judiciaire et réglementaire de son projet de fusion avec Spirit Airlines. Plus récemment, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont fait flamber les prix du carburant, alourdissant le fardeau financier d’une entreprise aux prises avec un endettement important.

Malgré ces obstacles, la direction maintient le cap de son plan de redressement pluriannuel. Lancé en 2024, le programme JetForward cherche à restaurer une rentabilité durable en rationalisant les liaisons, en développant des produits à plus forte marge et en maîtrisant les coûts. En juillet, la compagnie a affiché des ambitions financières à long terme, ciblant un bénéfice d’au moins 1 dollar par action d’ici 2028 et prévoyant de générer entre 850 et 950 millions de dollars d’excédent brut d’exploitation (EBIT) supplémentaire par an d’ici la fin de l’année prochaine.

“Nous apprécions les contributions constructives de Jesse et Steven alors que nous avons mis en place et commencé à mettre en œuvre notre stratégie JetForward.”
Joanna Geraghty, directrice générale de JetBlue
De son côté, Carl Icahn a salué la trajectoire de l’entreprise au moment de plier bagage, adoptant un ton constructif malgré la liquidation partielle de ses positions boursières.
“Nous apprécions le partenariat constructif que nous avons entretenu avec JetBlue au fil des ans, alors que la compagnie aérienne s’est réorganisée, et nous nous réjouissons de la voir poursuivre avec succès la mise en œuvre de la stratégie JetForward.”
Carl Icahn, investisseur activiste
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