Les laboratoires pharmaceutiques américains Moderna et Merck ont annoncé des résultats positifs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur traitement expérimental contre le cancer de la peau, ciblant le mélanome avancé. Les deux compagnies ont souligné qu’il s’agit du premier communiqué faisant état de résultats positifs de phase 3 pour une thérapie anticancéreuse basée sur l’acide ribonucléique messager.
Une avancée majeure pour les vaccins à ARNm contre le mélanome
Cette thérapie personnalisée, baptisée intismeran autogene, a été combinée avec l’immunothérapie Keytruda de Merck. Selon les laboratoires, cette association a permis une amélioration statistiquement significative de la survie sans récidive chez des patients atteints d’un mélanome de stade avancé qui avaient été préalablement opérés, par rapport à un traitement par Keytruda administré seul.
Le fonctionnement de la thérapie personnalisée
Le traitement repose sur la technologie de l’ARNm afin de donner des instructions aux cellules sur la fabrication de protéines capables de déclencher une réponse immunitaire. Conçu de manière individualisée, ce vaccin thérapeutique est élaboré à partir des mutations spécifiques du tumor de chaque patient après une biopsie et une prise de sang, avec pour objectif d’entraîner le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses.

Le directeur exécutif de Moderna, Stéphane Bancel, a déclaré que la création d’un traitement de ce type, conçu spécifiquement pour le cancer d’une personne, était difficile à imaginer par le passé, avant d’ajouter qu’ils contribuaient aujourd’hui à transformer cette vision en réalité. L’essai clinique de phase avancée a impliqué 1 137 participants atteints de mélanome de haut risque en estadio IIB à IV, dont le tumeur détectable avait été retiré par chirurgie.
Perspectives et prochaines étapes réglementaires
L’annonce de ces résultats a entraîné des réactions financières notables à Wall Street, où l’action de Moderna a enregistré une forte hausse de sa capitalisation boursière, tandis que le titre de Merck a également progressé.

Du côté de la communauté médicale, l’oncologue Marco Gerlinger, professeur au Barts Cancer Institute de Londres, a qualifié ces résultats de preuve de concept démontrant que les vaccins anticancéreux personnalisés fonctionnent et d’avancée majeure dans le développement de nouvelles immunothérapies, tout en notant que les détails communiqués restaient à approfondir.
Les laboratoires Merck et Moderna prévoient désormais de présenter l’ensemble des données recueillies lors d’un prochain congrès médical et d’entamer les démarches auprès des autorités réglementaires pour demander l’approbation de ce traitement. Le mélanome demeure l’une des formes les plus agressives et mortelles de cancer de la peau, avec plus de 330 000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022.
À ne pas manquer