FCC amende huit sociétés écrans liées à DJI

Les mesures de répression contre le géant chinois de la technologie Dà-Jiāng Innovations, plus connu sous le sigle DJI, viennent d’atteindre un nouveau cap. Alors que les régulateurs américains cherchent à verrouiller l’accès aux équipements de fabricants jugés à risque pour la sécurité nationale, plusieurs entreprises intermédiaires ont été épinglées pour avoir refusé de répondre aux convocations officielles de l’agence fédérale des communications.

Les huit sociétés écrans visées par des amendes fédérales

La Federal Communications Commission a émis des sanctions financières de 25 000 dollars à l’encontre de huit sociétés accusées de servir de paratonnerres ou de structures déguisées pour écouler du matériel DJI sur le sol américain.

La liste des entreprises sanctionnées pour défaut de réponse aux courriers officiels comprend Cogito Tech, Fixaxo Technology, Lyno Dynamics, Skyhigh Tech, Spatial Hover, SZ Knowact et WaveGo Tech — ces deux dernières étant liées à la marque Skyrover —, ainsi que Xtra Technology. L’agence fédérale a constaté qu’aucune de ces entités n’avait daigné fournir les explications requises concernant la commercialisation potentielle d’équipements radioélectriques inscrits sur la liste des interdictions.

Les stratégies de contournement et le cas Xtra Technology

Parmi les structures identifiées, Xtra Technology s’est distinguée par des méthodes de commercialisation particulièrement audacieuses. La société a notamment promu des vidéos d’influenceurs comparant l’appareil Xtra Muse au DJI Osmo Pocket 3, tout en sollicitant des acomptes de 20 dollars pour un modèle baptisé « Xtra Muse 2 Pro », largement perçu comme une version déguisée du DJI Pocket 4 Pro. Les tests comparatifs réalisés par la presse spécialisée ont qualifié les produits de quasi-identiques au point de défier la notion simple de clone.

Le durcissement réglementaire repose sur une modification adoptée en décembre 2025, date à laquelle toutes les entreprises de drones étrangers ont été placées sur la liste dite covered equipment, interdisant à la commission d’autoriser leurs produits en raison de risques jugés inacceptables pour la sécurité des États-Unis. En octobre de la même année, l’institution s’était également dotée du pouvoir de bannir rétroactivement des appareils déjà certifiés dès lors que leurs fabricants ou leurs composants provenaient d’entités considérées comme des menaces.

L’impact sur l’industrie et la position des autorités

La domination de DJI sur le marché mondial, estimée à une part majoritaire des drones globaux, confère à ces interdictions une portée considérable pour de nombreux secteurs économiques aux États-Unis. Des missions d’urgence aux inspections d’infrastructures critiques, en passant par la conservation environnementale et la cartographie, l’utilisation de ces technologies s’était généralisée. Selon les prévisions de la Federal Aviation Administration, l’écosystème des drones civils pourrait générer plus de 65 milliards de dollars pour l’économie américaine sur une période de cinq ans.

sean-hollister-verge-331A1409
Photo: theverge.com

Malgré les inquiétudes soulevées au sein de la communauté des utilisateurs, le président de la commission, Brendan Carr, a tenu à rassurer les propriétaires d’appareils déjà autorisés en affirmant que les acquisitions et l’utilisation passées ne feraient l’objet d’aucune perturbation immédiate.

La mise en cause des laboratoires de certification

L’enquête de l’autorité fédérale ne se limite pas aux sociétés de distribution. Elle s’attaque également aux organismes de test et de certification ayant permis l’homologation initiale des produits litigieux. Le laboratoire SGS-CTST Standards Technical Services Co, qui avait validé les modèles DJI Osmo Pocket 4 et 4 Pro ainsi que les équipements de WaveGo Tech, fait l’objet d’une procédure de disqualification en raison de liens capitalistiques étroits avec une entité étatique chinoise.

La FCC vient-elle de détruire les pilotes de drones aux États-Unis ?! | Point sur l'interdiction …

À lire aussi

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.