Le 8 août 2026, des centaines de manifestants ont arpenté les rues de Johannesburg, Pretoria, Le Cap et Durban sous la bannière d’Operation Ubuntu pour dénoncer la montée de la xénophobie et s’opposer au projet de modification de la loi PIE, exigeant des autorités sud-africaines justice et protection pour tous.
Sous la bannière d’Operation Ubuntu, plus de 60 organisations de la société civile représentant des communautés à travers le pays se sont mobilisées pour une journée d’action le 8 août 2026, à la veille de la Journée de la femme.
Mobilisation contre les violences xénophobes et appels à la responsabilité de l’État
Les rassemblements organisés dans plusieurs grandes métropoles sud-africaines visaient à briser le silence face aux intimidations et aux pillages visant les commerces tenus par des ressortissants étrangers. Des militants et des habitants ont battu le pavé pour exprimer leur solidarité avec les migrants touchés par les tensions économiques et sociales. À Johannesburg, Phakamile Johnny a déclaré lors de la manifestation, selon l’agence Anadolu Ajansı, qu’on ne pouvait pas rester silencieux et assister sans rien faire à l’agression et à l’attaque d’êtres humains semblables ainsi qu’au pillage de leurs entreprises, ajoutant que cela devait cesser immédiatement.

Cette colère s’inscrit dans un contexte marqué par l’action de groupes de justiciers autoproclamés menant des campagnes de contrôle de documents d’identité dans les quartiers. Pour les organisateurs et les mouvements syndicaux, ces tensions ne découlent pas de la présence des migrants, mais bien de défaillances structurelles en matière de gouvernance. Mametlwe Sebei, président du syndicat South Africa General Workers Industry, a souligné que les difficultés liées au chômage et au logement relèvent de la responsabilité des pouvoirs publics, rejetant les amalgames liant immigration et criminalité.
Le front contre le projet d’amendement de la loi PIE sur les expulsions
Outre la question de la xénophobie, le cortège dirigé vers le bureau du Premier ministre a vivement contesté le projet de révision de la loi sur la prévention des expulsions illégales (PIE).

Les militants rappellent que la Constitution garantit l’accès à un logement adéquat. En l’absence d’investissements suffisants dans la construction de logements sociaux de type RDP depuis des décennies dans certaines localités, les populations vulnérables craignent de se retrouver sans recours. Le coordinateur d’Operation Ubuntu a ainsi souligné que les municipalités ne peuvent légitimement procéder à des expulsions sans un dialogue approfondi avec les résidents concernés.
Le coordinateur d’Operation Ubuntu a affirmé, via Wits Vuvuzela, que la municipalité ne pouvait pas détenir un tel pouvoir d’expulsion sans engager un véritable dialogue et sans même chercher à comprendre leur parcours.
Entre rapatriements volontaires et impératif de solidarité régionale
La question migratoire reste au cœur des tensions politiques nationales, alors que le gouvernement procède à des mesures de contrôle et de renvoi. La ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi, a indiqué que des dizaines de milliers de ressortissants d’autres pays africains ont quitté le territoire dans le cadre de programmes de rapatriement volontaire et de déportation, reflétant la fermeté de l’exécutif face aux situations irrégulières.
Face à cette ligne dure, des voix rappellent l’importance historique de la solidarité continentale envers l’Afrique du Sud durant la lutte contre l’apartheid.
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