Les autorités lettonnes ont découvert un deuxième tunnel secret creusé sous la frontière avec le Bélarus près de Kraslava, quelques jours après une première trouvaille similaire à Silene. Face à cette pression migratoire qualifiée de menace hybride, Riga intensifie la surveillance frontalière en lançant l’opération Werwolf aux côtés de ses partenaires baltes et polonais.
La porosité des frontières extérieures de l’Union européenne prend de nouvelles formes souterraines. Alors que les barbelés, les caméras thermiques et les patrouilles de surveillance bloquent les passages terrestres traditionnels, les réseaux de passeurs adaptent leurs méthodes pour contourner les dispositifs de sécurité mis en place par les États baltes. Cette découverte intervient quelques jours seulement après la localisation d’une première galerie similaire sous la barrière frontalière, signalant une escalade dans les techniques d’infiltration.
Une découverte fortuite près de Kraslava et le précédent de Silene
L’alerte a initialement été donnée par l’interception d’un groupe de 28 migrants entrés illégalement sur le territoire letton. C’est en procédant à des recherches approfondies pour retracer leur parcours exact que les gardes-frontières ont repéré un passage dissimulé sous la végétation, camouflé à l’aide de mousse à peine vingt mètres de la ligne frontalière. Ce deuxième incident en l’espace d’une semaine confirme que les réseaux criminels cherchent activement à exploiter le sous-sol pour acheminer des personnes vers l’espace Schengen.

Quelques jours plus tôt, un premier tunnel avait déjà été découvert plus à l’ouest, près du poste frontière fermé de Silene. À cette occasion, le ministre de l’Intérieur Janis Dombrava avait souligné qu’il s’agissait d’le premier tunnel de ce type en Lettonie, tout en ordonnant l’utilisation d’appareils électroniques pour sonder l’ensemble de la bande frontalière. Cette première incursion souterraine avait mené à l’interpellation de 15 personnes, repérées à environ dix mètres de la clôture métallique. Jusqu’à présent, les tentatives de franchissement reposaient principalement sur l’utilisation d’outils rudimentaires, tels que des pinces coupantes ou des échelles de fortune fabriquées avec des branches, d’après les précisions du service des frontières.
La stratégie de l’opération Werwolf et la coopération régionale
Face à la diversification de ces méthodes d’intrusion, le gouvernement letton a renforcé sa riposte institutionnelle. Le Premier ministre Andris Kulbergs a qualifié la situation de menace hybride orchestrée, pointant du doigt le rôle des réseaux criminels qui facilitent le transit vers d’autres États membres de l’Union européenne où les migrants espèrent trouver des conditions d’accueil plus favorables. Dans le cadre de cette stratégie globale de sécurisation, Riga a doublé ses effectifs de gardes-frontières et mis en place un dispositif renforcé.

Andris Kulbergs, Premier ministre de Lettonie, a indiqué qu’il mènerait ces opérations pour combattre ces réseaux et qu’il coopérerait avec l’Estonie, la Lituanie et la Pologne afin de stopper l’afflux de migrants.
Cette initiative, baptisée Operation Werwolf
, mobilise conjointement les gardes-frontières, la police d’État, les forces armées ainsi que les services de renseignement. L’arsenal technologique déployé comprend une utilisation accrue de drones de surveillance et de systèmes radar pour détecter les mouvements suspects avant même qu’ils ne se concrétisent. De surcroît, la Lettonie bénéficie d’un soutien logistique actif de ses voisins immédiats, l’Estonie et la Litauen ayant détaché des agents spécialisés pour prêter main-forte aux patrouilles locales.
Des infrastructures souterraines similaires détectées en Lituanie et en Pologne
La Lettonie n’est pas la seule concernée par cette mutation souterraine des routes de contrebande et d’immigration clandestine. En Lituanie, les autorités ont également fait face à des incursions similaires au cours des dernières semaines. Dans la région de Varėna, des capteurs sismiques avaient enregistré des vibrations suspectes dans le sol, incitant les gardes-frontières à utiliser des équipements de pointe fournis en partie par leurs homologues polonais pour percer des trous de sondage. D’autres galeries inachevées ont été repérées, mesurant environ onze mètres de long et stabilisées à l’aide de planches en bois pour éviter les effondrements.
Les analyses préliminaires menées par l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex estiment que le régime en place à Minsk pourrait apporter un soutien logistique, voire fournir une expertise technique aux équipes chargées de creuser ces passages sous les barrières frontalières. Depuis la crise de 2021, les gouvernements baltes et la Pologne accusent régulièrement l’administration d’Alexandre Loukachenko d’orchestrer l’arrivée massive de ressortissants issus de zones de crise vers les limites de l’Union européenne à des fins politiques.
Tandis que la Pologne observe une baisse relative de la pression sur sa propre frontière grâce à l’achèvement d’une barrière en acier combinée à un système de surveillance électronique sophistiqué, les frontières lettonnes et lituaniennes subissent un report des flux. Les autorités des pays concernés poursuivent leurs inspections techniques à l’aide d’appareils de détection pour neutraliser les autres galeries potentielles et boucler hermétiquement les zones vulnérables du secteur baltique.
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