Des milliers de touristes se trouvent bloqués en Sicile alors que l’éruption de l’Etna perturbe gravement le trafic aérien à l’aéroport de Catane. Entre annulations de vols massives, cohue touristique sur les pentes du volcan et galères de rapatriement pour les voyageurs, la situation paralyse une partie de l’île en pleine haute saison.
Ce spectacle naturel spectaculaire attire des foules considérables sur les sentiers, mais il paralyse complètement les liaisons aériennes régionales. Les perturbations ont débuté le 6 août, avant de s’intensifier au point d’entraîner l’annulation de toutes les liaisons à partir du lundi selon les informations diffusées par Radio-Canada.
Aéroport de Catane paralysé et passagers désorientés
Du 6 au 12 août, plus du tiers des 1974 vols prévus à l’atterrissage à Catane ont été annulés, tandis que près de 630 appareils ont été déroutés vers d’autres pistes. L’opérateur aéroportuaire SAC indique que les installations resteront fermées au moins jusqu’à samedi à 14 h, heure locale, laissant des milliers de voyageurs sans solution immédiate de transport.
Pour les touristes québécois sur place, la gestion des compagnies aériennes relève du parcours du combattant. Lino Zambito, un voyageur de 57 ans bloqué en Sicile après un séjour de trois semaines, a vu son vol de retour vers Montréal initialement prévu à 10 h le vendredi être annulé. Après avoir reçu un texto l’informant qu’un rapatriement était impossible avant trois jours, il a finalement dû s’organiser par ses propres moyens, prévoyant de rentrer via Palerme et Rome grâce à un autre transporteur.
“J’ai lâché prise.”
Lino Zambito, voyageur bloqué en Sicile, via Radio-Canada
Une autre voyageuse, Geneviève McSween, avocate aux services juridiques, déplore un manque criant d’accompagnement. Incertaine d’obtenir des directives claires de la part d’Air Canada, elle s’est vu signifier qu’elle devait rallier par ses propres moyens un aéroport international situé à environ 800 kilomètres, comme celui de Rome, alors que le réseau ferroviaire et routier accuse des engorgement majeurs.
Réponse d’Air Canada et cadre réglementaire des annulations
Face à la crise, le transporteur aérien surveille l’évolution de la situation volcanique et applique une politique de modification flexible. Les passagers détenant des billets émis au plus tard le 13 août pour des voyages prévus les 15 ou 16 août peuvent modifier leur réservation sans frais jusqu’au 31 août, ou choisir d’autres destinations italiennes desservies par la compagnie comme Rome, Milan, Venise ou Naples.
Selon la réglementation fédérale en vigueur, lorsqu’un vol est annulé en raison de circonstances extraordinaires indépendantes de la compagnie, telles qu’une éruption volcanique, le transporteur doit proposer une solution de réacheminement acceptable dans les 48 heures suivant l’horaire de départ initial. Si aucune option n’aboutit dans ce délai, l’entreprise est tenue d’offrir soit le prochain vol disponible sur n’importe quel transporteur sans frais supplémentaires, soit le remboursement de la portion inutilisée du billet.
L’éruption touristique et les risques sur les sentiers de l’Etna
Pendant que les voyageurs s’impatientent dans les aéroports, les coulées de lave de l’Etna attirent une foule de curieux et de vacanciers en quête de sensations fortes. Les agences de randonnée nocturne se disent submergées par la demande, enregistrant jusqu’à 300 requêtes quotidiennes, soit trois fois le volume habituel d’une journée estivale ordinaire.
Des professionnels locaux qualifient cet afflux d’éruption touristique, déplorant le comportement de nombreux visiteurs qui s’aventurent sur les pentes abruptes sans accompagnement et de manière désordonnée. Jusqu’à 2 000 personnes arpentent les sentiers chaque soir, certains allant jusqu’à marcher en tongs sur un terrain volcanique pourtant instable.
L’agence italienne de protection civile maintient une alerte jaune, le deuxième niveau d’une échelle qui en compte quatre, signalant la persistance d’explosions et d’éruptions fréquentes. Alors que la réglementation autorise les randonneurs à monter seuls jusqu’à 2 400 mètres d’altitude, la prudence reste de mise pour approcher le sommet qui culmine à 3 324 mètres.
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