Un projet de centre de données d’intelligence artificielle de 15 milliards de dollars mené par Google et Adani à Visakhapatnam, en Andhra Pradesh, se heurte à une vive résistance environnementale. Des manifestations, des oppositions locales et de multiples recours juridiques contestent l’impact de l’infrastructure sur les ressources en eau et la faune locale.
Le projet technologique de grande envergure mené en partenariat avec le groupe dirigé par le milliardaire Gautam Adani suscite une opposition croissante de la part de groupes environnementaux et d’activistes locaux selon un rapport de Reuters. La première phase de ce centre de données, lancée en avril, vise une capacité électrique de 400 MW pour un investissement évalué à environ 30 000 crores de roupies, soit près de 15 milliards de dollars, avec un objectif global de 1 GW d’après les informations recueillies sur le site.
Tensions autour des ressources en eau à Visakhapatnam
La contestation s’articule principalement autour de la consommation massive d’eau nécessaire au refroidissement des serveurs dans une région déjà confrontée à des pénuries. Lors d’un rassemblement public, les manifestants et les enfants ont défilé à travers la ville en portant des pancartes et des banderoles affichant We cannot drink DATA
, tout en peignant des menottes sur le logo de Google, rapporte la presse spécialisée.
Raja Rama Mohan Roy, fondateur du groupe environnemental Green Visakha, a contesté la pertinence d’implanter une telle structure dans une zone urbaine sous tension hydrique. Raja Rama Mohan Roy a déclaré que le développement ne devait pas se faire au détriment des moyens de subsistance de la population, selon le même article, en présentant des données chiffrées sur les besoins et l’approvisionnement en eau de la cité.
De son côté, le gouvernement de l’État indique que la ville de Visakhapatnam, peuplée de 2,5 millions d’habitants, reçoit quotidiennement environ 410 millions de litres d’eau provenant des rivières et des réservoirs, pour un besoin global estimé à 480 millions de litres, ce qui rend le rationnement de l’eau particulièrement fréquent d’après les données administratives. L’inquiétude des opposants a été exacerbée par une prétendue garantie d’approvisionnement en eau accordée au projet pour les vingt prochaines années selon Green Visakha.
Recours juridiques et proximité de la réserve de Kambalakonda
Sur le plan judiciaire, le projet fait face à plusieurs actions en justice portées devant les tribunaux indiens. La Haute Cour de l’Andhra Pradesh a demandé au gouvernement de l’État de répondre aux accusations formulées par le groupe activiste Jal Biradari, qui affirme que l’installation pèsera lourdement sur un réservoir voisin et aggravera la pénurie d’eau d’après les documents judiciaires. Cette action publique doit faire l’objet d’une nouvelle audience fixée au 24 août selon les rapports publiés.
En parallèle, trois requêtes distinctes ont été déposées devant la juridiction environnementale indienne par le Human Rights Forum pour tenter de suspendre les travaux selon la même source. Les pétitionnaires soutiennent que les autorités ont validé le projet sans évaluer correctement l’impact des prélèvements d’eau sur un programme d’eau potable en zone rurale d’après les éléments examinés.
La proximité géographique du site avec le sanctuaire faunique de Kambalakonda, situé à environ 860 mètres, constitue un autre motif de contestation devant la Haute Cour selon les plaignants. Les opposants estiment que les nuisances sonores et l’activité de construction risquent de perturber la faune locale, notamment les léopards et les pangolins qui résident dans la zone protégée d’après les requêtes.
La réponse de Google et du gouvernement de l’État
Face aux critiques, les autorités locales rejettent l’idée d’une procédure accélérée menée sans évaluation environnementale rigoureuse selon les déclarations officielles. Le gouvernement assure que le site respecte la distance réglementaire par rapport à la réserve naturelle et garantit qu’aucune ressource destinée à la consommation résidentielle, rurale ou issue du réservoir adjacent ne sera détournée pour alimenter les installations informatiques d’après les précisions de l’exécutif.
Google a indiqué par l’intermédiaire de Reuters qu’elle recourrait à un refroidissement par air perfectionné afin de protéger les ressources en eau locales essentielles.
L’entreprise technologique a également indiqué qu’elle mettrait en œuvre des dispositifs d’atténuation acoustique afin de s’assurer d’être un voisin calme et discret pour les environs selon les engagements transmis. Bien que les procédures judiciaires suivent leur cours, le chantier poursuit son avancée sur le terrain, où des engins de terrassement ont été observés en train de niveler les collines pour préparer les fondations de ce qui est présenté comme le plus grand investissement du géant américain dans le pays, avec des perspectives de création d’emplois évaluées à 188 000 postes d’après les observations sur place.
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