Télescope Daniel K. Inouye : des images inédites de la surface du Soleil

Obtenues grâce au télescope solaire Daniel K. Inouye à Hawaï, ces observations révèlent pour la première fois des instabilités de Kelvin-Helmholtz à l’échelle photosphérique, offrant de nouveaux indices sur le chauffage de la couronne solaire et la météo spatiale.

Notre étoile nourricière continue de dévoiler ses secrets les plus intimes. Grâce à un bond technologique majeur, une équipe internationale de chercheurs a révélé des observations inédites de la surface solaire, saisies avec une précision jamais atteinte selon les détails publiés dans la revue Nature. Ces travaux permettent d’observer des détails physiques minuscules sur cette immense sphère de plasma bouillonnant.

Le télescope solaire Daniel K. Inouye capture la photosphère en haute résolution

Implanté sur l’île de Maui à Hawaï, le télescope solaire Daniel K. Inouye (DKIST) de la National Science Foundation a permis de photographier la coque externe brillante du Soleil à une résolution sans précédent d’après les informations rapportées par l’Associated Press.

Télescope Daniel K. Inouye : des images inédites de la surface du Soleil
Photo: theconversation.com

Cette netteté permet d’analyser des variations subtiles de luminosité et des agencements magnétiques d’une clarté jusqu’alors inaccessible.

Nous n’avons jamais observé le Soleil à cette résolution. Avec ce détail incroyable, nous voyons toute cette physique fondamentale très intéressante se produire. Michael Wheatland, astrophysicien à l’Université de Sydney, via ABC News

Des structures comparables aux tourbillons de Van Gogh

L’analyse de ces clichés révèle d’étranges motifs plumeux ondulant à la surface de la photosphère, rappelant les cieux tourbillonnants de La Nuit étoilée de Van Gogh, selon la description de la physicienne solaire Ruizhu Chen de l’Université Stanford, qui n’a pas participé aux recherches. Ces ondulations proviennent de mouvements de plasma magnétisé glissant à des vitesses différentes, un mécanisme physique comparable aux vagues soulevées par le vent à la surface de l’eau.

Télescope Daniel K. Inouye : des images inédites de la surface du Soleil
Photo: lowellsun.com

Ce phénomène, connu sous le nom d’instabilité de Kelvin-Helmholtz, régit traditionnellement la dynamique des fluides sur Terre ou sur des géantes gazeuses telles que Jupiter et Saturne, mais il n’avait jamais été observé à ce niveau sur la surface solaire, a souligné Friedrich Wöger, co-auteur de l’étude et chercheur principal à l’Observatoire solaire national.

Comprendre la chaleur de la couronne et anticiper la météo spatiale

L’un des plus grands mystères de l’astrophysique solaire réside dans l’écart thermique entre la surface de l’astre, qui chauffe à environ 5 500 degrés Celsius, et sa couronne atmosphérique externe, dont la température grimpe jusqu’à plusieurs millions de degrés d’après les données relayées par ABC News. Le brassage observé par le télescope Inouye suggère que ces petites structures turbulentes pompent de l’énergie vers le haut, alimentant ainsi la fournaise coronale.

Nouvelles images du Soleil : ultraviolets et éruptions

Décoder ces mécanismes de surface s’avère indispensable pour affiner la prévision de la météo spatiale. Les soubresauts magnétiques du Soleil projettent régulièrement des éjections de masse coronale capables de perturber les réseaux électriques, les communications par satellite et les signaux GPS sur Terre. En intégrant cette physique à petite échelle dans les modèles globaux, les chercheurs espèrent anticiper plus fidèlement ces tempêtes solaires et leurs répercussions technologiques.

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