Le pays insulaire de Nauru a officialisé son changement de nom pour devenir la République de Naoero, renouant ainsi avec son appellation traditionnelle d’avant la colonisation. Portée par le président David Adeang, cette transition s’accompagne d’un abandon du référendum populaire initialement prévu, le gouvernement estimant que ce nom fait déjà partie intégrante de l’identité des habitants.
Le retour à la graphie originelle et l’abandon du référendum
Le pays du Pacifique Sud connu jusqu’ici sous le nom de Nauru s’appelle désormais officiellement la République de Naoero, selon les annonces faites par le gouvernement. Ce changement aligne la désignation internationale sur la prononciation et l’écriture en langue nationale. Les citoyens de l’archipel seront désormais désignés sous le terme de dei-Naoero, tandis que le code international du pays basculera de NRU à NRO, d’après les informations rapportées par les sources.
Le président David Adeang a confirmé qu’un référendum national sur ce changement, un temps envisagé en mai dernier, avait finalement été abandonné après des discussions approfondies au sein du Parlement. La décision de ne pas poursuivre un référendum a été prise après mûre réflexion selon laquelle Naoero n’est pas un nouveau nom cherchant à être accepté par le peuple, a déclaré le chef de l’État dans une publication sur les réseaux sociaux. Le président a ajouté que cette identité figurait déjà sur les armoiries nationales, était parlée dans la communauté et était autorisée par la Constitution.
Un héritage colonial effacé et une langue menacée
L’appellation Nauru s’était imposée au fil des décennies en raison de la colonisation européenne, les colons estimant que le nom local originel s’avérait trop difficile à prononcer pour des étrangers, une décision de commodité plutôt que de choix. En optant pour Naoero, l’exécutif souhaite honorer l’histoire et l’identité du pays. Ce changement proposé cherche à honorer plus fidèlement le patrimoine, la langue et l’identité de notre nation, avait souligné David Adeang lorsqu’il avait soumis le projet constitutionnel au Parlement en janvier dernier. Le texte constitutionnel amendé a été approuvé par les parlementaires lors de deux tours de vote requis. Cette démarche culturelle s’inscrit dans un contexte plus large de préservation du patrimoine local. Bien qu’elle reste parlée au sein de la communauté, elle n’est pas enseignée dans les écoles, un vide que le gouvernement cherche à combler après l’adoption l’année dernière d’un projet de loi qui l’incorporera dans les programmes scolaires à l’avenir.

Une transition internationale déjà amorcée pour le plus petit archipel
Colonisée par l’Allemagne et administrée par l’Australie avant de devenir une république indépendante en 1968, la nation a connu de tumultueuses circonstances, marquées par la richesse générée par l’extraction de phosphate dans les années 1970 suivie d’une effondrement de l’industrie qui a mené Nauru au bord de la ruine économique dans les années 1990. Aujourd’hui, le pays fait partie des plus menacés au monde par la montée des océans en raison du changement climatique, poussant le gouvernement à chercher des investissements étrangers via un programme de citoyenneté payant destiné à financer le déplacement des populations et des infrastructures loin de l’océan envahissant. La transition administrative est d’ores et déjà enclenchée, entraînant le renommage des avions et navires nationaux. Les organisations internationales et les pays partenaires ont été officiellement notifiés. Le site internet de l’Organisation des Nations unies utilise désormais la nouvelle appellation à la suite d’une demande de changement formulée en juin, tandis que les ministères des Affaires étrangères de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ainsi que les ambassades des États-Unis et de la Chine dans la région adoptent également la désignation Naoero sur leurs sites web.

À lire aussi