Des recherches récentes révèlent un lien significatif entre les maladies cardiaques maternelles et le risque de cardiopathie congénitale chez les nouveau-nés. Une étude menée en Chine, publiée dans JAMA Network Open, souligne l’importance d’un dépistage échographique précoce pour les enfants dont les mères souffrent de pathologies valvulaires ou d’obstructions cardiaques.
L’impact de la santé cardiaque d’une mère sur son enfant ne se limite pas à une simple transmission génétique. Des données analysées entre août 2011 et décembre 2021 auprès de 14 336 femmes enceintes au Guangdong Provincial People’s Hospital montrent que les maladies cardiaques maternelles augmentent le risque de malformations congénitales chez le nouveau-né dans l’année suivant la naissance.
Risques accrus : l’impact des pathologies acquises et congénitales
Le risque pour l’enfant varie selon la nature de la pathologie maternelle. Les chercheurs ont constaté que les mères présentant une maladie cardiaque congénitale adulte augmentent le risque pour leur enfant avec un risque relatif (RR) de 1,71. Pour les mères souffrant de maladies cardiaques acquises, ce risque relatif est de 1,38.

Certaines conditions s’avèrent particulièrement critiques. L’obstruction de la voie d’éjection du ventricule droit présente le risque le plus élevé avec un RR de 6,17, tandis que les maladies valvulaires affichent un RR de 1,65, selon les données rapportées par Healio.
Les défauts septaux apparaissent comme la sous-catégorie de cardiopathie congénitale la plus fortement associée aux pathologies maternelles. Le risque relatif est de 2,95 pour les mères avec une maladie congénitale adulte et de 2,28 pour celles ayant une maladie acquise.
Le rôle du milieu intra-utérin et de la génétique
La transmission de ces anomalies ne suit pas un schéma unique. Si les maladies congénitales adultes peuvent influencer le risque via la transmission génétique, les maladies acquises pourraient agir en modifiant le milieu intra-utérin, selon Yanji Qu, PhD, du Guangdong Cardiovascular Institute.

Nos conclusions soulignent la nécessité d’un dépistage échographique précoce chez les descendants de mères atteintes d’une maladie cardiaque, en particulier l’obstruction de la voie d’éjection du ventricule droit et la maladie valvulaire. Les cardiopathies congénitales mineures, en particulier les défauts septaux, méritent une attention particulière. Yanji Qu, PhD, Guangdong Cardiovascular Institute, Southern Medical University
Cette vulnérabilité est accentuée par d’autres facteurs.
Complications liées à la naissance et prématurité
L’évolution des connaissances sur les cardiopathies congénitales
La compréhension de ces pathologies a évolué depuis la définition de 1971, qui décrivait la cardiopathie congénitale comme une anomalie structurelle majeure du cœur ou des grands vaisseaux intrathoraciques ayant une importance fonctionnelle réelle ou potentielle, selon Frontiersin.
L’étiologie reste complexe. Environ 15% des cas sont attribuables à une cause connue, tandis que la majorité demeure inconnue.
L’apport des technologies génomiques a permis d’identifier des mutations spécifiques. Par exemple, l’analyse chromosomique a permis de détecter la délétion 22q11 associée à la Tétralogie de Fallot et à d’autres anomalies de l’arc aortique.
Face à ces risques, la prise en charge multidisciplinaire dans des centres tertiaires devient essentielle. Une surveillance antenatale adaptée et une planification rigoureuse de l’accouchement sont recommandées pour les femmes souffrant de cardiopathies congénitales adultes, avec une préparation accrue pour les accouchements prématurés.
Pour aller plus loin