Télévision : une étude de l’USC lie la consommation excessive à l’atrophie cérébrale

Une étude publiée dans la revue Alzheimer’s and Dementia: Journal of the Alzheimer’s Association révèle que les adultes ayant regardé la télévision très souvent durant la中年 (midlife) présentent, des décennies plus tard, des volumes cérébraux réduits dans les zones liées à la mémoire, ainsi qu’une atrophie des lobes frontaux et occipitaux.

Le vieil avertissement parental selon lequel la télévision pourrit le cerveau trouve un écho scientifique. Des chercheurs de l’Université de Southern California (USC) ont analysé les données de 1 712 participants à l’étude Atherosclerosis Risk in Communities (ARIC), révélant que la consommation excessive de télévision à l’âge moyen est associée à des dommages structurels cérébraux significatifs après plus de 20 ans.

Atrophie corticale et dommages à la substance blanche

Ceux qui regardaient la télévision très souvent présentent des volumes réduits dans les régions cérébrales liées à la mémoire, ainsi que des lobes frontaux et occipitaux plus petits, zones essentielles pour les fonctions exécutives et le traitement visuel.

L’étude a également mis en évidence une augmentation du volume des hyperintensités de la substance blanche. Selon les chercheurs, il s’agit d’un marqueur de maladie cérébrovasculaire des petits vaisseaux associée au déclin cognitif et au risque de démence.

Pendant des années, nous nous sommes concentrés sur le temps que les gens passent assis. Nos conclusions suggèrent que nous devrions également prêter attention à ce qu’ils font pendant qu’ils sont assis. David Raichlen, professeur de sciences biologiques et d’anthropologie à l’USC Dornsife

Le paradoxe de la sédentarité : travail de bureau vs télévision

L’un des aspects les plus frappants de la recherche est que la simple inactivité physique ne semble pas être le moteur principal de ce déclin. Le travail de bureau, bien que sédentaire, a montré des associations protectrices pour le cerveau.

Une vulnérabilité accrue chez les hommes

L’analyse des données par sexe a révélé une asymétrie importante. La majorité des changements structurels, qu’il s’agisse de l’atrophie liée à la télévision ou des bénéfices liés au travail de bureau, ont été observés chez les hommes. Les chercheurs suggèrent que cela pourrait être dû à des différences biologiques dans la réponse du cerveau à la sédentarité prolongée ou à des habitudes de consommation différentes.

Natan Feter, chercheur postdoctoral à l’USC, explique que les femmes pourraient interrompre leurs périodes de sédentarité plus souvent, ou préférer des programmes télévisés par segments plus courts, contrairement aux hommes dont les préférences pour le sport ou les films favorisent des périodes prolongées et ininterrompues sur le canapé.

Limites méthodologiques et perspectives de santé publique

Les chercheurs reconnaissent plusieurs limites à l’étude. Les données sur la consommation de télévision étaient auto-déclarées, ce qui est moins précis qu’un suivi objectif. De plus, l’absence d’IRM de référence au début de l’étude (entre 1987 et 1989) empêche de confirmer précisément l’évolution pas à pas de la perte de matière grise.

Photo: Nautilus | Science

Malgré cela, les différences cérébrales persistaient même après avoir contrôlé des facteurs tels que l’indice de masse corporelle, le diabète, le tabagisme, l’usage d’alcool et l’activité physique globale.

Photo: ScienceDaily

D’autres recherches, comme celle menée par Ryan Dougherty publiée dans Brain Imaging and Behavior, corroborent cette tendance. Son étude sur 599 participants de la cohorte CARDIA a montré qu’une consommation quotidienne supplémentaire de 1,4 heure de télévision était associée à une réduction du volume de la matière grise à l’âge de 50 ans.

Nous encourageons fréquemment le public à ne pas passer trop de temps assis, mais les experts pourraient vouloir étendre cette recommandation pour englober les activités effectuées pendant que l’on est assis, car celles-ci semblent avoir des impacts distincts sur la santé cérébrale. Natan Feter, chercheur postdoctoral à l’USC Dornsife

Pour aller plus loin

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.