Recensement des guépards en Afrique du Sud : une population surestimée

Un recensement national des guépards en liberté en Afrique du Sud a révélé une population nettement plus faible que les estimations précédentes. L’étude, menée sur trois ans et demi, a identifié seulement 83 adultes matures, remettant en question les chiffres avancés par le passé et soulignant la vulnérabilité de ces prédateurs dans les zones rurales.

Pendant des années, le nombre de guépards vivant en dehors des parcs nationaux et des réserves clôturées en Afrique du Sud était estimé à environ 300 individus matures. Ce chiffre, largement accepté, s’est avéré être davantage une supposition qu’un décompte rigoureux.

Un recensement de trois ans dans le Northern Cape, le North West et le Limpopo

Le premier recensement national des guépards en liberté a nécessité trois ans et demi d’efforts intensifs. Les équipes de recherche ont déployé 389 pièges photographiques, collecté des échantillons génétiques et utilisé des colliers GPS sur près de 100 000 kilomètres carrés de territoire. L’ampleur de la logistique a été colossale, impliquant des déplacements constants, des inondations entravant l’accès aux sites et même le vol de matériel.

Révision des estimations : le passage à une base de référence réelle

Le résultat du recensement est sans appel : un minimum de 83 adultes matures a été recensé. En incluant les petits et les subadultes, le total vérifié atteint 119 individus. Pour les experts, ce chiffre ne signifie pas nécessairement un effondrement brutal de la population, mais plutôt la fin d’une illusion statistique.

Les estimations antérieures, selon les sources, reposaient sur des études régionales isolées menées dans des zones où les guépards étaient particulièrement présents. En extrapolant ces données à l’ensemble du pays, les chercheurs avaient créé une image faussée de la réalité. Désormais, cette nouvelle base permet d’évaluer plus précisément les menaces réelles pesant sur l’espèce, notamment la fragmentation de l’habitat et le manque d’espace disponible.

La réalité de la cohabitation avec les fermiers

Le recensement a également permis d’établir un dialogue constructif avec les propriétaires terriens. La grande majorité des fermiers interrogés ont accepté de collaborer, malgré une méfiance initiale envers les chercheurs. Des questionnaires anonymes ont permis de lever le voile sur des cas de guépards abattus ou capturés sans permis, révélant que la pression financière, plutôt qu’une hostilité viscérale, reste le facteur déterminant des conflits entre l’homme et le félin.

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