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Exoplanète rocheuse : une atmosphère stable confirmée pour la première fois

by Louis Girard - Tech
À la recherche de la vie : percées et limites de l'exploration exoplanétaire

À la recherche de la vie : percées et limites de l’exploration exoplanétaire

Le 16 juillet 2026, une équipe menée par le planétologue Collin Cherubim a confirmé la première observation d’une atmosphère autour d’une exoplanète rocheuse située dans la zone d’habitabilité. Cette avancée, publiée dans la revue Science, marque une étape cruciale dans la recherche de conditions propices à la vie extraterrestre hors de notre système solaire. Interrogé par The Guardian, Collin Cherubim, premier auteur de l’article, a résumé l’importance de cette découverte en déclarant : C’est la première fois que l’on confirme la présence d’une atmosphère stable sur ce type de monde.

À la recherche de la vie : percées et limites de l'exploration exoplanétaire
Photo: Radiofrance

Une atmosphère rocheuse hors du système solaire

Pendant des années, les astronomes ont identifié des milliers d’exoplanètes, principalement des géantes gazeuses comparables à Jupiter ou Saturne. Toutefois, comme le rappelle l’hebdomadaire scientifique Science, la preuve que certaines petites planètes rocheuses, similaires à la Terre, puissent posséder une atmosphère stable n’avait toujours pas été apportée. Or, cet élément est considéré comme indispensable dans la recherche de la vie extraterrestre. En plus de ne pas être rocheuses, beaucoup d’exoplanètes découvertes jusqu’ici sont si proches de leur étoile que leur température extrême les rend inhabitables. L’annonce de Collin Cherubim et de ses collègues, diffusée le jeudi 16 juillet, constitue donc un événement largement relayé par la presse internationale.

Une atmosphère rocheuse hors du système solaire
Photo: Science Et Vie

La dynamique interne des mondes extrêmes

La recherche de la vie repose sur la présence d’eau à l’état liquide et une atmosphère adéquate. Cependant, comme le soulignent les exobiologistes, la zone d’habitabilité ne suffit pas ; il faut également un système planétaire favorable. L’exoplanète LHS 3844b illustre ces conditions extrêmes : elle présente deux visages radicalement opposés. Un côté brûle en permanence entre 1 000 et 2 000 Kelvin (soit entre 727 et 1 727 degrés Celsius), tandis que l’autre plonge vers le zéro absolu, à moins 273 degrés Celsius, température à laquelle tout mouvement moléculaire cesse.

C’est dans ce contexte que Daisuke Noto, chercheur postdoctoral à l’université de Pennsylvanie, a décidé de simuler le manteau rocheux de cette planète en laboratoire. Selon un article publié par SciTechDaily, ses travaux, parus dans Nature Communications avec des collaborateurs des universités japonaises de Hokkaido et de l’Agence pour les sciences marines et terrestres, ont utilisé un réservoir de glycérol visqueux semé de cristaux liquides thermochromiques. Quatre thermostats ont permis de reproduire les gradients thermiques pour observer si l’exoplanète génère une circulation interne stable et continue.

Prudence scientifique face aux biosignatures

L’enthousiasme suscité par ces découvertes s’accompagne d’une nécessaire rigueur. Après Mars, Europe ou Encélade, c’est Vénus qui a attiré l’attention avec la découverte de phosphine (PH3) dans son atmosphère. Une étude publiée dans Nature Astronomy par l’équipe américano-britannique dirigée par le professeur Jane Greaves, de l’université de Cardiff, indique que cette molécule est produite uniquement par des organismes vivant dans des conditions privées d’oxygène. Lors de la conférence de presse, l’équipe a toutefois tempéré les attentes dès la première page de sa présentation : Nous n'affirmons pas avoir découvert de la vie sur Vénus. Nous affirmons avoir découvert du gaz.

UNE ATMOSPHÈRE AUTOUR D'UNE EXOPLANÈTE ROCHEUSE

La rareté de la vie dans l’Univers

Le rythme des découvertes s’est accéléré depuis le lancement du satellite européen Corot en 2006 et de la mission Kepler de la Nasa en 2009. À ce jour, près de 8 000 exoplanètes ont été recensées. En 2010, la Société royale de Londres a parrainé un symposium intitulé « La détection de la vie extraterrestre et ses conséquences pour la science et la société », où les participants observaient que s’il se révélait que nous ne sommes pas seuls dans l’Univers, cela bouleverserait la représentation que l’humanité se fait d’elle-même.

La rareté de la vie dans l'Univers
Photo: Notre Planete

Pourtant, certains chercheurs appellent à la modération. Howard Smith, dans Pour la Science (n° 408, 2011), soutient que, malgré la découverte de nombreuses planètes extrasolaires, l’existence d’une civilisation extraterrestre dans notre région de la Galaxie serait peu probable. Pour Smith, si nous sommes seuls dans l’Univers, en prendre conscience nous aiderait à apprécier le caractère précieux de l’humanité et de notre planète, une idée qui fait écho aux réflexions historiques de Giordano Bruno dans De l’infinito universo e i mondi (1584), qui postulait déjà l’existence d’innombrables terres orbitant autour d’innombrables soleils.

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