Les États-Unis lancent des frappes aériennes contre l’Iran après la fermeture des détroits d’Ormuz
Les forces du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) ont mené une troisième vague de frappes aériennes contre des positions iraniennes cette semaine, en réponse à l’attaque contre le navire marchand M/V GFS Galaxy, battant pavillon chypriote. Ce nouveau cycle de bombardements a visé des installations situées à Sirik, Bandar Abbas et Minab, alors que le climat sécuritaire dans la région continue de se dégrader rapidement.

Escalade militaire et fermeture des détroits
L’origine de cette escalade remonte à un incident survenu dans les détroits d’Ormuz. Selon la marine des Gardiens de la Révolution iraniens, le M/V GFS Galaxy aurait tenté d’emprunter une route non autorisée avec son transpondeur désactivé. Téhéran affirme avoir tiré des coups de semonce, suivis par un tir de missile de croisière contre le navire, après que celui-ci ait ignoré les appels des autorités iraniennes. À la suite de cet événement, le navire a subi des dommages importants dans son compartiment moteur et une défaillance opérationnelle totale, laissant un membre d’équipage porté disparu. En réaction, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que « l’Iran a fait un mauvais choix » en ouvrant le feu sur un navire commercial et qu’il en « paie désormais le prix ». Parallèlement, les Gardiens de la Révolution ont annoncé la fermeture des détroits d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », conditionnant leur réouverture à l’arrêt de « l’intervention américaine dans la région ». L’Iran a menacé de répondre sévèrement à toute nouvelle attaque menée sous prétexte de cet incident.

Attaques balistiques et instabilité régionale
La riposte iranienne ne s’est pas limitée aux détroits. Le pays a mené des attaques balistiques contre des pays voisins. Des explosions ont été rapportées au Koweït, au Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Jordanie. Les Gardiens de la Révolution ont spécifiquement revendiqué des frappes sur une base en Jordanie, utilisée par les États-Unis pour contrôler des drones MQ-9, ainsi que sur la base de la Cinquième Flotte au Qatar. Des explosions ont également été signalées dans le sud de l’Iran, notamment à Bandar Abbas, Sirik, Bouchehr, Chabahar et sur l’île de Qeshm, alors que l’aérodéfense a été activée à Téhéran.
Conséquences pour le commerce maritime et l’assurance
La crise a profondément perturbé le secteur maritime. Selon le Lloyd’s of London, les risques de transit ont explosé, entraînant une révision immédiate des primes d’assurance.

Diplomatie et impasses
Pendant que les tensions militaires perdurent, des initiatives diplomatiques sont en cours, notamment sous l’impulsion d’Oman. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, doit se rendre à Oman pour discuter de la sécurité de la navigation. Une proposition, développée par Oman avec des experts juridiques britanniques, envisage un système de frais de navigation volontaires, inspiré du modèle du détroit de Malacca. Cependant, cette idée suscite des réserves. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a averti que toute concession de souveraineté sur les détroits à l’Iran, contraire au droit international de la mer, pourrait faire de la navigation mondiale un « otage » de groupes radicaux. Les autorités américaines, de leur côté, soulignent que les divisions internes au sein du gouvernement iranien et l’influence des Gardiens de la Révolution entravent la conclusion d’un accord stable pour maintenir les détroits ouverts.
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