Des chercheurs de la Columbia Climate School ont découvert que ces arbres absorbent 36 % de leur carbone annuel après la fin de leur saison de croissance, utilisant ces ressources pour leurs racines et feuilles plutôt que pour le stockage du bois.
Une dynamique de croissance réévaluée pour les chênes
Pendant longtemps, les modèles climatiques ont reposé sur une corrélation étroite entre le taux de photosynthèse et la croissance du bois. L’hypothèse dominante était que l’augmentation du dioxyde de carbone atmosphérique stimulerait directement la croissance des troncs, augmentant ainsi la capacité de stockage de carbone des forêts. Toutefois, les travaux menés par l’équipe de la Mathrubhumi sur des chênes répartis à travers les États-Unis nuancent considérablement cette vision.
Les observations indiquent que si la période de croissance active des chênes se situe généralement entre mai et juillet, l’activité photosynthétique se poursuit jusqu’en octobre. Cette période tardive est cruciale : elle représente plus d’un tiers du carbone total absorbé annuellement par l’arbre. Contrairement aux modèles antérieurs, ce carbone ne sert pas principalement à densifier le tronc, mais est alloué au développement des racines et au renouvellement du feuillage.
Implications pour les modèles climatiques mondiaux
Columbia Climate School Impact Scholars 2024-25
La remise en cause de ce lien direct entre photosynthèse et stockage dans le bois pourrait avoir des répercussions majeures sur la précision des projections climatiques. Si les chênes, et potentiellement d’autres espèces forestières, investissent davantage dans leur système racinaire et leur canopée que dans leur structure ligneuse, les modèles actuels pourraient surestimer la capacité des forêts à agir comme des puits de carbone durables via le bois.
Le rapport de la recherche souligne une nécessité de révision : si ces conclusions s’appliquent à une plus large variété d’arbres, les outils de simulation utilisés par les climatologues pour prévoir l’évolution de l’effet de serre devront être recalibrés. La question centrale devient celle de la longévité du carbone stocké : le carbone utilisé pour les feuilles et les racines est restitué à l’écosystème beaucoup plus rapidement que celui fixé dans le bois, ce qui modifie potentiellement les prévisions sur l’atténuation du réchauffement climatique à long terme.
Synthèse des données sur le cycle du carbone
Les données recueillies mettent en lumière deux points de divergence essentiels avec les connaissances préalables :
Répartition temporelle : 36 % de l’absorption annuelle de carbone se produit après la fin de la saison de croissance structurelle.
Utilisation biologique : Le carbone est prioritairement orienté vers les racines et les feuilles, et non vers le stockage à long terme dans le bois.
Ces résultats, tels que rapportés par Mathrubhumi, soulignent l’importance de distinguer la simple absorption de CO2 de son stockage effectif au sein de la biomasse ligneuse. Pour les experts, la prochaine étape consiste à déterminer si ce comportement est propre au chêne ou s’il s’agit d’une caractéristique partagée par d’autres essences forestières, ce qui obligerait à repenser l’ensemble des stratégies de reforestation basées sur le captage de carbone.