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Babiš annonce hausse budget défense de 36 milliards pour atteindre 2 % PIB en 2027

L'objectif des 2 % du PIB et les chiffres du budget

Le Premier ministre Andrej Babiš a annoncé avant son départ pour le sommet de l’OTAN à Ankara, que le budget de la défense augmentera de 36 milliards de couronnes l’année prochaine. Cette hausse vise à permettre à la République tchèque d’atteindre pour la première fois l’objectif de 2 % du PIB.

L’objectif des 2 % du PIB et les chiffres du budget

L’engagement financier marque un tournant pour Prague. Selon ČT24, la coalition gouvernementale s’est accordée sur une augmentation des dépenses du ministère de la Défense.

Pour atteindre ce seuil, la ministre des Finances, Alena Schillerová, prévoit que les dépenses sectorielles augmenteront de près de 36 milliards de couronnes. Ce montant porterait le budget total du ministère à près de 191 milliards de couronnes pour l’année prochaine.

Le contraste avec l’année en cours est net. L’armée a reçu 154,79 milliards de couronnes, soit environ 1,8 % du PIB, auxquels s’ajoutent 30 milliards provenant d’autres chapitres budgétaires. Andrej Babiš a admis que l’objectif des 2 % ne serait probablement pas atteint cette année, malgré les efforts du gouvernement.

Indicateur Situation actuelle (estimée) Objectif pour l’année prochaine
Pourcentage du PIB ~1,78 % – 1,8 % 2 %
Budget total Défense ~184,79 milliards CZK ~191 milliards CZK
Augmentation prévue +36 milliards CZK

Modernisation militaire : chars Leopard et avions F-35

Modernisation militaire : chars Leopard et avions F-35

L’augmentation budgétaire s’inscrit dans un plan de modernisation matérielle lourde. Le ministre de la Défense, Jaromír Zůna, a précisé que les livraisons de chars Leopard 2 A8 débuteront l’année prochaine. Ce projet, mené en achat conjoint avec l’Allemagne, représente un investissement progressif de près de 40 milliards de couronnes d’ici 2031, inflation comprise.

Ces blindés, accompagnés de véhicules de combat d’infanterie CV 90, formeront le cœur d’une brigade lourde. Parallèlement, le projet d’acquisition d’avions F-35 se poursuit. Pour l’année prochaine, Jaromír Zůna prévoit également le lancement d’un appel d’offres public pour équiper la brigade moyenne de nouveaux transports blindés à roues.

Au-delà du matériel, le gouvernement mise sur le capital humain et la technologie :

  • Recrutement de 2 000 à 3 000 nouveaux soldats (le pays a déjà recruté 2 010 soldats sur les six premiers mois).
  • Augmentation des salaires des militaires.
  • Développement et renforcement de la défense antiaérienne et anti-drones.

Un consensus fragile face aux critiques de l’opposition

Czech Republic Likely to Miss NATO Defense Spending Target Under Leader Andrej Babiš

Si la coalition se félicite de cet accord, l’opposition parlementaire juge ces ambitions insuffisantes. Josef Flek, président de la commission de la défense de la Chambre des députés, estime que 2 % du PIB ne suffiront pas pour financer les acquisitions déjà négociées. Il a notamment mentionné la défense antiaérienne, dont le coût pourrait s’élever à 300 milliards de couronnes.

De son côté, Ivan Bartoš, vice-président du groupe Pirátů, a révélé que certains documents internes de l’armée suggèrent qu’un taux de 2,26 % du PIB serait nécessaire pour que les projets fonctionnent comme prévu. Matěj Ondřej Havel, président de TOP 09, a questionné le plan au regard des objectifs de l’Alliance pour 2035.

Tensions politiques et diplomatie à Ankara

Le volet financier occulte partiellement un climat politique entre le gouvernement et le président Petr Pavel. Celui-ci a pu s’assurer sa participation grâce à une mesure provisoire de la Cour constitutionnelle.

C’est Andrej Babiš qui dirigera la délégation et représentera le pays lors des deux événements majeurs : le dîner informel de mardi et la réunion du Conseil nord-atlantique de mercredi. Le Premier ministre a affirmé ne pas être en contact avec le président avant son départ.

Le gouvernement décide de la politique étrangère et de sécurité. Nous décidons du budget. Nous sommes responsables devant le Parlement.
Andrej Babiš, Premier ministre, via news.google.com

Le ministre des Affaires étrangères, Petr Macinka, a ajouté qu’il ignorait le programme du président à Ankara.

L’Ukraine et le financement européen

Le sommet d’Ankara doit également traiter du soutien financier à l’Ukraine, avec une proposition de 70 milliards d’euros pour cette année et un montant équivalent pour l’année suivante. Sur ce point, la position de Prague est ferme : le pays ne bloquera pas la proposition, mais refusera de contribuer financièrement via son propre budget national.

Andrej Babiš a justifié cette position en expliquant que les fonds tchèques doivent prioritairement servir à atteindre le seuil des 2 % du PIB pour la défense nationale, laissant le financement de l’Ukraine aux grands pays.

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