Les États-Unis interdisent la vente de nouveaux véhicules Polestar à partir de l’année-modèle 2027 en raison de risques de sécurité liés aux technologies chinoises. Cette décision du Bureau of Industry and Security force le constructeur suédois, contrôlé par Geely, à recentrer sa croissance sur l’Europe et ses infrastructures de production régionales.
L’exclusion de Polestar du marché américain
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Le gouvernement américain a rejeté la demande de licence de Polestar pour la vente de nouveaux véhicules sur son territoire. Selon un rapport de Reuters, cette mesure découle de la “Connected Vehicle Rule”, une réglementation visant à limiter les risques de sécurité associés aux technologies provenant de Chine et de Russie.
Le Bureau of Industry and Security, sous l’égide du ministère américain du Commerce, cible spécifiquement les véhicules connectés capables de collecter des données sensibles via des logiciels ou des systèmes de communication en ligne. Bien que Polestar soit une marque suédoise, sa propriété par le groupe chinois Geely a été déterminante. Les autorités américaines considèrent que l’origine des composants et du logiciel représente une menace pour la sécurité nationale.
Cette décision marque un tournant : les modèles de luxe comme la Polestar 5 ou le roadster Polestar 6 ne verront pas le jour sur le sol américain avant la fin de la décennie. Les clients américains pourront uniquement acheter les stocks déjà existants avant que l’interdiction ne devienne effective en 2027.
Une santé financière fragilisée par les tensions commerciales
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La situation économique de la marque est déjà sous tension. Comme l’indique l’agence DPA, Polestar a enregistré une perte nette de 383 millions USD, soit 335,94 millions d’euros, pour le premier trimestre de l’année. Ce chiffre est en nette progression par rapport aux 166 millions USD de perte enregistrés l’année précédente.
Malgré une augmentation de près de 10 % du volume des ventes, les résultats ont été lourdement impactés par deux facteurs :
L’application de droits de douane américains.
Une baisse des prix pratiquée en Europe pour stimuler la demande.
Le marché mondial de Polestar est déjà largement déconnecté des États-Unis. Au premier trimestre, les ventes réalisées en dehors du marché américain représentaient 94 % de l’activité totale de l’entreprise, l’Europe captant à elle seule environ quatre cinquièmes de ces ventes.
Le pivot vers l’Europe et l’atout slovaque
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Face à ce blocage, Polestar réoriente sa stratégie vers l’expansion en Europe, au Canada, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Ce changement de cap renforce l’importance industrielle de l’Europe pour le groupe. Un projet majeur illustre cette nouvelle priorité : la production du futur modèle Polestar 7.
Selon les informations de Startstop.sk, ce nouveau modèle sera fabriqué dans la nouvelle usine de Volvo située près de Košice, en Slovaquie. Ce transfert de production confère une importance stratégique accrue à l’implantation slovaque dans la chaîne de valeur de la marque.
Le directeur général de la marque, Michael Lohscheller, a souligné que l’Europe demeure une région de croissance clé pour Polestar. Le constructeur mise désormais sur une production régionale plus robuste pour compenser la perte de l’un de ses marchés les plus lucratifs.
Un précédent pour l’industrie automobile mondiale
L’affaire Polestar pourrait n’être que le début d’un changement structurel profond. Contrairement aux guerres commerciales passées, centrées sur les taxes douanières, le conflit se déplace désormais vers le contrôle du logiciel et de la connectivité.
D’après une analyse de TopSpeed.sk, les États-Unis ont montré une volonté inédite d’interrompre la vente de véhicules sur la base de leur architecture numérique. Si d’autres puissances comme le Japon ou l’Australie adoptent des règles de sécurité similaires, cela pourrait déclencher un effet domino sur l’ensemble de l’industrie automobile mondiale.
Il est notable que Volvo ait réussi à obtenir des autorisations là où Polestar a échoué, suggérant que les autorités américaines évaluent chaque constructeur et chaque chaîne d’approvisionnement technologique de manière strictement individuelle. Pour Polestar, l’enjeu n’est plus seulement commercial, il est devenu une question de souveraineté technologique.