Home InternationalIran et AIEA en désaccord : inspections nucléaires bloquées malgré accord Trump-Poutine

Iran et AIEA en désaccord : inspections nucléaires bloquées malgré accord Trump-Poutine

Désaccord majeur sur le contrôle des sites nucléaires

Le 24 juin 2026, les tensions entre l’Iran et les États-Unis s’intensifient alors que les négociateurs s’efforcent de conclure un accord sous 60 jours. Le directeur de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, affirme que les inspections nucléaires auront lieu, tandis que Téhéran conteste fermement toute autorisation de retour des inspecteurs sur ses sites d’enrichissement.

Désaccord majeur sur le contrôle des sites nucléaires

Une contradiction flagrante s’est installée entre Washington et Téhéran concernant la surveillance du programme nucléaire iranien. Alors que le président Donald Trump a affirmé que l’Iran avait accepté un niveau de surveillance « le plus élevé », le gouvernement iranien rejette catégoriquement ces déclarations. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a pourtant maintenu une position ferme lors d’une conférence de presse tenue au Japon. Selon les informations rapportées par NBC News, le chef de l’agence onusienne s’appuie sur un protocole d’entente signé par les deux chefs d’État pour justifier l’imminence des inspections.

« Je peux comprendre les déclarations politiques, elles font partie de la réalité, mais la chose fondamentale que j’aimerais vous rappeler et attirer votre attention est qu’il y a eu un protocole d’entente, signé par les deux présidents, » a déclaré Rafael Mariano Grossi, via NBC News.

Désaccord majeur sur le contrôle des sites nucléaires
Rafael Mariano Grossi, directeur de l’AIEA M. Grossi a précisé que cet accord « dit explicitement que les activités nucléaires qui seront menées en ce qui concerne les installations de matériel nucléaire seront supervisées par l’AIEA — dans toutes les lettres ». Pour le haut fonctionnaire, l’accès aux sites est une étape inévitable du processus de « downblending » (appauvrissement) des stocks d’uranium enrichi.

« Évidemment, pour ce faire, nous devrons inspecter. Que cela se produise après-demain, dans une semaine ou dans dix jours, c’est important, mais pas essentiel. Cela va arriver. »

Désaccord majeur sur le contrôle des sites nucléaires
Photo: CBS News

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Rafael Mariano Grossi, directeur de l’AIEA Téhéran, de son côté, dénonce une manœuvre de communication. Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a réagi sur le réseau X en affirmant que les questions de contrôle ne seraient décidées qu’une fois un accord final conclu et les sanctions levées. Il a fustigé ce qu’il appelle une « agitation médiatique » visant à imposer une politique de « déstabilisation et de prise de contrôle ». L’enjeu est colossal. Depuis la guerre de douze jours survenue en 2025, l’AIEA est entravée dans ses visites des sites d’enrichissement. Bien que l’agence ait pu accéder à d’autres installations comme celle de Bushehr, l’impossibilité de vérifier les cascades de centrifugeuses laisse planer un doute sur l’état réel du stock d’uranium. CBS News rappelle que l’Iran est le seul pays au monde à avoir enrichi de l’uranium jusqu’à 60 % de pureté sans disposer de programme d’armement déclaré, un seuil qui inquiète les experts en non-prolifération.

Évolution de la doctrine militaire et tensions maritimes

L'AIEA maintient une surveillance limitée des sites nucléaires iraniens
Parallèlement au front diplomatique, l’Iran semble durcir sa posture sécuritaire. Le général Ahmad Reza Pourdastan, chef du Centre d’études et de recherche stratégiques de l’armée iranienne, a annoncé un changement de paradigme majeur. Selon les informations d’ Al Jazeera, Téhéran est passé d’une posture purement défensive à une doctrine offensive incluant des opérations préventives. Le général Pourdastan a laissé entendre que les capacités militaires de l’Iran n’avaient pas encore été pleinement déployées, affirmant que le pays pourrait « surprendre sévèrement l’ennemi » si ses intérêts nationaux l’exigeaient. Cette montée en puissance militaire coïncide avec des pressions sur les routes commerciales vitales. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a profité d’une tournée dans le Golfe — incluant Abu Dhabi, le Koweït et Bahreïn — pour réaffirmer la position de Washington sur le détroit d’Ormuz. Rubio a été catégorique : aucun accord final ne permettra à l’Iran de percevoir des taxes ou des péages dans ce passage stratégique, qui doit rester ouvert au commerce international.

L’incertitude du délai de 60 jours et impacts énergétiques

Si la Maison Blanche et le département d’État américain insistent sur un calendrier de 60 jours pour finaliser un accord global, de nombreux analystes doutent de la faisabilité de ce délai. Charles Kupchan, chercheur principal au Council on Foreign Relations, a exprimé un scepticisme marqué. Pour lui, la complexité des dossiers nucléaires et diplomatiques rend une conclusion rapide hautement improbable. Il estime que les deux parties pourraient simplement « faire traîner les choses jusqu’au bout du temps imparti » en poursuivant des négociations sans fin, tout en maintenant le détroit d’Ormuz ouvert pour éviter une escalade immédiate. L’incertitude diplomatique pèse également sur les marchés de l’énergie. Le Qatar, deuxième producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), est en phase de préparation pour un retour à la normale de sa production. Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, a indiqué que la production pourrait reprendre ses niveaux habituels d’ici quelques semaines, à l’exception du site de Ras Laffan endommagé par une attaque de drones iranienne en mars dernier. QatarEnergy ne lèvera sa clause de force majeure qu’une fois la sécurité opérationnelle totalement garantie. Alors que les discussions techniques doivent reprendre très prochainement au complexe de Bürgenstock, en Suisse, sous la médiation du Pakistan, la situation reste suspendue entre une volonté de désescalade et une méfiance mutuelle qui semble ancrée dans la réalité du terrain.

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Photo: NBC News

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