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Farley (One Nation) prône l’assimilation : “Soyez d’abord Australiens

Une assimilation "à l’australienne" : ce que dit Farley

Un député de One Nation, David Farley, a appelé mardi 23 juin 2026 les migrants à “s’intégrer” et à “agir comme des Australiens”, tout en reconnaissant implicitement la diversité croissante du pays, dans un entretien qui contraste avec les positions plus radicales de sa cheffe de file, Pauline Hanson.

Alors que l’Australie continue de débattre des politiques migratoires et d’identité nationale, les déclarations de Farley, élu depuis un mois dans la circonscription rurale de Farrer, révèlent une tension interne au sein du parti populiste. Si Hanson a récemment martelé lors d’un discours controversé à la National Press Club la nécessité d’une “culture nationale unique”, Farley adopte un ton plus nuancé, tout en insistant sur l’assimilation comme condition de l’appartenance.

Une assimilation “à l’australienne” : ce que dit Farley

Interrogé par la chaîne publique ABC après le discours de Hanson, Farley a reconnu que l’Australie était “multiculturelle et multiconfessionnelle”, une formulation qui tranche avec le discours monoculturel de sa leader. Pourtant, il a immédiatement recentré le débat sur l’assimilation : « Nous n’avons pas de problème avec le fait que vous soyez britannique, australo-britannique, australo-canadien ou australo-chinois, mais vous êtes venus dans ce pays et vous avez été adoptés par ce pays. Vous êtes d’abord Australiens, alors intégrez-vous. »

« Nous n’avons pas de problème avec le fait que vous soyez britannique, australo-britannique, australo-canadien ou australo-chinois, mais vous êtes venus dans ce pays et vous avez été adoptés par ce pays. Vous êtes d’abord Australiens, alors intégrez-vous. »

Quand on lui demande ce que signifie “s’intégrer”, Farley répond sans détour : « Agir comme des Australiens. » Une formulation vague qui, selon les analystes, pourrait servir de paravent à des politiques plus restrictives sur l’immigration ou les droits culturels. Contrairement à Hanson, qui a évoqué une “menace” pour la culture nationale, Farley évite les termes clivants, mais son message reste clair : l’identité australienne prime sur les origines.

Le clivage interne à One Nation : Hanson vs Farley

Les déclarations de Farley illustrent une fracture stratégique au sein de One Nation, parti qui a su capitaliser sur les peurs liées à la migration pour gagner des sièges aux dernières élections. Alors que Hanson mise sur un discours identitaire radical – avec des références explicites à une “culture unique” – Farley adopte une approche plus pragmatique, en phase avec les réalités démographiques d’un pays où 30 % de la population est née à l’étranger (selon les dernières données du Bureau australien des statistiques, comme le rapporte The Age).

Le clivage interne à One Nation : Hanson vs Farley
Photo: orldatlas.com

Cette divergence s’explique en partie par les circonscriptions électorales des deux députés : Hanson représente un siège urbain (Oxley, en banlieue de Brisbane), où les enjeux migratoires sont très visibles, tandis que Farley, élu dans la rurale Farrer (Nouvelle-Galles du Sud), doit composer avec une population plus homogène mais sensible aux thèmes de sécurité et de services publics. Son discours sur l’intégration pourrait être une tentative de rassurer une base électorale qui craint une radicalisation excessive du parti.

Que signifie ce revirement pour la politique australienne ?

Les déclarations de Farley interviennent alors que l’Australie affronte deux défis majeurs : la gestion de l’afflux migratoire record (plus de 400 000 arrivées en 2025, selon les projections du ministère de l’Intérieur) et la montée des tensions communautaires, notamment dans des États comme le Queensland, où Hanson est particulièrement influente. The Age souligne que ces déclarations pourraient servir de test pour une possible modération du discours de One Nation, alors que le parti cherche à élargir son électorat au-delà de sa base traditionnelle.

One Nation’s David Farley sworn in as member for Farrer

Pour les observateurs, cette nuance est cruciale : si Farley marque une distance avec Hanson, il ne remet pas en cause le principe d’une assimilation stricte. En effet, son appel à “agir comme des Australiens” pourrait masquer des mesures plus coercitives, comme la limitation des langues maternelles dans les écoles ou des restrictions accrues sur les aides sociales pour les nouveaux arrivants. À court terme, cette tension interne pourrait affaiblir One Nation, mais elle offre aussi une opportunité de dialogue sur une politique migratoire plus équilibrée.

L’Australie face à son miroir : diversité et identité

Les propos de Farley résonnent particulièrement dans un pays où la géographie et l’histoire ont façonné une identité complexe. Selon les données de World Atlas, l’Australie s’étend sur 7,7 millions de km², avec des régions aussi contrastées que les déserts arides du centre (comme le Grand Désert de Victoria) et les zones urbaines multiculturelles de Sydney ou Melbourne. Cette diversité physique reflète une société où 40 % des habitants sont nés à l’étranger ou ont des parents immigrés, selon les dernières estimations.

« L’Australie est multiculturelle et multiconfessionnelle. »

Pourtant, cette réalité ne se traduit pas toujours dans le débat public. Le discours de Hanson, relayé par des médias comme Sky News, a contribué à polariser le débat, tandis que des voix plus modérées, comme celle de Farley, tentent de trouver un équilibre entre souveraineté nationale et ouverture. La question qui se pose désormais est la suivante : l’Australie peut-elle concilier son héritage multiculturel avec une demande croissante de cohésion sociale ?

Et demain ? Trois scénarios pour l’avenir politique australien

1. Un recentrage de One Nation : Si Farley parvient à modérer le discours du parti, One Nation pourrait attirer des électeurs modérés, mais risquerait de perdre sa base électorale la plus radicale. Un scénario plausible si le parti évite les provocations lors des prochaines élections.

Et demain ? Trois scénarios pour l’avenir politique australien

2. Une radicalisation accrue : Hanson pourrait écarter Farley ou d’autres députés modérés, recentrant le parti sur un discours anti-immigration pur. Ce scénario est probable si les sondages montrent que les positions modérées pénalisent le parti.

3. Un débat national sur l’identité : Les déclarations de Farley pourraient relancer un débat plus large sur la définition de l’identité australienne, avec des répercussions sur les politiques d’immigration et d’intégration. Ce scénario est le plus incertain, mais il offrirait une opportunité de repenser le modèle d’assimilation du pays.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs pour savoir si l’Australie parviendra à concilier son passé colonial, sa diversité actuelle et les attentes d’une population de plus en plus divisée sur ces questions.

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