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Can Tho face à une épidémie record de dengue et de fièvre hémorragique chez les enfants

by Camille Laurent - Santé
Pourquoi Can Tho devient-elle l’épicentre de cette crise sanitaire

En Can Tho, la flambée simultanée de dengue et de fièvre hémorragique chez l’enfant atteint des proportions inquiétantes en ce deuxième trimestre 2026, selon les données officielles consolidées par les autorités sanitaires locales.

Les chiffres, révélés dans un rapport trimestriel présenté à l’Assemblée populaire de la ville, font état de 1 734 cas confirmés de dengue rien que ce trimestre, portant le total annuel à 3 163 cas depuis le début de l’année. Aucun décès n’a été enregistré dans cette maladie, mais la tendance à la hausse par rapport à 2025 est claire. Parallèlement, la fièvre hémorragique (ou hand, foot and mouth disease, HFMD) a touché 1 908 enfants au deuxième trimestre, avec un bilan tragique : un décès enregistré, soit un total de 2 660 cas depuis janvier. Ces deux maladies, souvent liées aux conditions climatiques favorables à la prolifération des moustiques, s’inscrivent dans une dynamique alarmante pour les autorités locales.

Pourquoi Can Tho devient-elle l’épicentre de cette crise sanitaire ?

La réponse réside dans un cocktail de facteurs environnementaux et humains. D’une part, les pluies de mousson, typiques de cette période, créent des zones de stagnation d’eau propices à la reproduction des moustiques Aedes aegypti, vecteurs de la dengue. D’autre part, la ville abrite des quartiers artisanaux comme Bát Tràng, où les poteries et récipients en terre cuite laissés à l’air libre forment des réservoirs naturels pour les larves de moustiques. Selon les autorités locales, cette combinaison de facteurs explique pourquoi les cas de dengue ont augmenté de 83 % par rapport à la même période en 2025.

Pourquoi Can Tho devient-elle l’épicentre de cette crise sanitaire ?

« La situation de la dengue dans notre ville s’aggrave, surtout avec l’arrivée de la saison des pluies, qui offre des conditions idéales pour la reproduction et l’activité des moustiques », a déclaré Zương Đăng Hòa, vice-président du comité populaire du district de Bát Tràng, lors du lancement d’une campagne de nettoyage et de sensibilisation. Cette campagne, lancée en juin 2026, mobilise les habitants, les associations locales et les services sanitaires pour éliminer les eaux stagnantes, désinfecter les foyers et former la population aux gestes barrières.

« Récemment, notre ville a connu une augmentation des cas de dengue, aggravée par les conditions météorologiques favorables à la prolifération des moustiques pendant la saison des pluies. »

Comment les autorités locales réagissent-elles ?

Face à l’urgence, les autorités ont déployé une stratégie en trois axes : la surveillance épidémiologique renforcée, les campagnes de nettoyage ciblées et la sensibilisation de la population. À Can Tho, 56 centres de santé sont désormais équipés pour réaliser des dépistages réguliers, et 23,83 % de la population a déjà bénéficié d’un bilan de santé gratuit depuis le début de l’année, selon les données communiquées à l’Assemblée populaire. Ces efforts s’inscrivent dans un plan plus large visant à couvrir 100 % de la population d’ici fin 2026, comme l’a suggéré le ministère de la Santé aux autorités locales.

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À Bát Tràng, la mobilisation est encore plus concrète. Dès l’ouverture de la campagne, des équipes mixtes composées de jeunes volontaires, de membres des associations féminines et d’agents sanitaires ont commencé à nettoyer les canaux d’évacuation des eaux pluviales, à éliminer les déchets organiques et à traiter les zones à risque avec des insecticides biologiques. « Les femmes de notre district ont joué un rôle clé dans la diffusion des messages de prévention et l’organisation des opérations de nettoyage », souligne Đào Thị Hồng Hải, présidente de l’Union des femmes du district, qui insiste sur l’importance de la participation communautaire.

« Les sections féminines de notre district ont activement participé aux campagnes d’hygiène environnementale, diffusé les connaissances sur la prévention de la dengue et collaboré avec les autorités locales pour des opérations ciblées d’élimination des larves de moustiques. »

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Quels sont les défis persistants ?

Malgré ces mesures, plusieurs obstacles freinent une réponse efficace. D’abord, la fièvre hémorragique chez l’enfant reste un défi majeur : avec 1 décès enregistré et des centaines de cas, les autorités peinent à endiguer sa propagation, notamment dans les zones rurales où l’accès aux soins est limité. Ensuite, la méconnaissance des gestes de prévention persiste chez une partie de la population, comme le souligne un rapport du ministère de la Santé cité par les médias locaux. Enfin, les ressources humaines et matérielles sont inégalement réparties : si Can Tho dispose de structures adaptées, les districts périphériques manquent parfois d’équipements pour traiter les cas graves.

Un autre point noir : la rubéole, dont 22 cas suspects ont été signalés au deuxième trimestre. Parmi eux, 9 cas confirmés de rougeole et 1 cas de rubéole, sans décès. Ces chiffres, bien que moins alarmants, rappellent la nécessité de maintenir une vigilance accrue, surtout dans un contexte où les campagnes de vaccination ont été perturbées par la pandémie de COVID-19.

Que peut-on attendre des prochains mois ?

Les autorités sanitaires vietnamiens prévoient une intensification des efforts avant la fin de l’année, avec trois priorités :

Que peut-on attendre des prochains mois ?
Photo: Vietnam.vn

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  • Renforcer la surveillance : mise en place de systèmes de détection précoce dans les zones à risque, avec des rapports hebdomadaires aux niveaux provincial et national.
  • Élargir les campagnes de vaccination : cibler les enfants de moins de 5 ans pour la rougeole et la rubéole, en collaboration avec l’UNICEF et l’OMS.
  • Améliorer la coordination entre les districts, les hôpitaux et les associations locales pour une réponse plus rapide aux foyers épidémiques.

À plus long terme, les experts s’accordent sur la nécessité d’investir dans des infrastructures durables, comme des systèmes de gestion des eaux pluviales améliorés et des programmes éducatifs permanents sur les maladies vectorielles. « La dengue et la fièvre hémorragique ne sont pas des phénomènes ponctuels, mais des défis structurels liés au changement climatique et à l’urbanisation », rappelle un rapport du ministère de la Santé. Sans une approche intégrée, le risque de nouvelles flambées persistera.

Pour les habitants de Can Tho, la bataille contre les moustiques est loin d’être terminée. Entre les pluies de mousson et les lacunes dans la prévention, la vigilance reste de mise. Une chose est sûre : sans une mobilisation générale – des autorités aux citoyens –, l’été 2026 pourrait bien laisser place à un automne encore plus difficile.

* Consultez toujours un professionnel de santé en cas de symptômes persistants (fièvre, maux de tête, éruptions cutanées).

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