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Le vol 171 d’Air India, un Boeing 787-8, s’est écrasé le 12 juin 2025 à Ahmedabad, tuant 279 personnes quelques instants après son décollage. L’enquête préliminaire de l’AAIB révèle une coupure simultanée des deux moteurs par les interrupteurs de carburant, déclenchant un conflit international sur l’origine, technique ou humaine, de cette défaillance critique.
Une séquence de défaillances contestée
L’enquête menée par le Bureau d’enquête sur les accidents aériens (AAIB) en Inde a mis en lumière un scénario technique précis, bien que son interprétation demeure source de tensions. Selon le rapport préliminaire, l’appareil a quitté la piste avec une poussée normale avant que les deux interrupteurs de carburant ne soient basculés sur « CUTOFF » en moins d’une seconde. Cette action a entraîné une perte immédiate de poussée à environ 190 mètres d’altitude. Bien que le système de turbine à air (RAT) se soit déployé pour maintenir les commandes de vol, l’altitude insuffisante a empêché le rétablissement complet de la puissance. Les autorités américaines, représentées par le National Transportation Safety Board (NTSB), ont émis des réserves sur la nature de cette manipulation. Comme l’indique la BBC, la présence d’experts techniques de Boeing et de GE Aerospace souligne l’importance des enjeux autour de la conception du Boeing 787-8. Les enquêteurs américains pointent vers une action humaine délibérée, une thèse que les autorités indiennes et certains experts indépendants examinent avec prudence, n’excluant pas une défaillance électrique complexe.Le mystère des échanges dans le cockpit
L’enregistrement de la voix dans le cockpit (CVR) a capturé un échange laconique mais crucial entre le capitaine Sumeet Sabharwal et le premier officier Clive Kunder. Un pilote demande : « Pourquoi as-tu coupé [le carburant] ? », ce à quoi l’autre répond : « Je ne l’ai pas fait ». Cette pièce à conviction alimente les spéculations sur une possible erreur humaine ou un acte intentionnel, bien que les identités des locuteurs n’aient pas été officiellement attribuées. « Si le pilote “B” a actionné les interrupteurs — et l’a fait involontairement ou inconsciemment — il est compréhensible qu’il nie l’avoir fait plus tard. Mais si le pilote “A” a actionné les interrupteurs délibérément et avec intention, il a pu poser la question en sachant pertinemment que l’enregistreur de voix du cockpit serait scruté, dans le but de détourner l’attention et d’éviter d’être identifié comme le responsable. »Un enquêteur aérien basé au Canada, via la BBC Shawn Pruchnicki, expert en aviation à l’Ohio State University, a souligné la nécessité de ne pas tirer de conclusions hâtives. Selon les propos rapportés par la BBC, il est dangereux de supposer immédiatement une intention malveillante ou une erreur de pilotage sans une analyse complète des données de vol (FDR).Théories divergentes : erreur humaine ou défaillance technique
Alors que Boeing insiste sur le fait que les leviers de carburant nécessitent une action manuelle délibérée — incluant un mouvement vers le haut avant d’être basculés — des voix s’élèvent pour suggérer des anomalies techniques. Le Times of India rapporte que des commandants de bord ont évoqué un bulletin de service FAA-GE de 2021 concernant la fatigue des soudures sur le microprocesseur de l’unité de contrôle moteur (ECU). Un tel défaut pourrait, en théorie, envoyer des signaux erronés provoquant un arrêt automatique. Mike Andrews, avocat représentant 130 familles de victimes, a fermement rejeté les théories blâmant les pilotes, les qualifiant de « pure spéculation » nuisant à la recherche de la vérité. Comme l’a noté Metro, l’hypothèse d’une défaillance électrique est privilégiée par son équipe, s’appuyant sur l’historique des composants électroniques du Dreamliner.Ce que les données confirment et ce qu’il reste à établir
L’analyse des enregistreurs de données a permis de clarifier plusieurs points techniques, écartant certaines hypothèses initiales :- Volets : La position des volets était conforme aux normes de décollage (5 degrés) et n’a pas été modifiée.
- Configuration : Le levier de train d’atterrissage en position « DOWN » est attribué à l’impact et non à une erreur de configuration.
- Carburant : Les tests de la DGCA ont confirmé que la qualité du carburant était satisfaisante.
