Des chercheurs du Sanford Burnham Prebys Medical Discovery Institute ont publié le 28 mai 2026 dans la revue Genome Medicine une étude confirmant que les modèles de tumeurs dérivés de patients (PDX) reproduisent fidèlement les caractéristiques génétiques de l’ADN extra-chromosomique (ecDNA), des fragments d’ADN circulaires souvent liés à une résistance accrue aux traitements anticancéreux.
La nature des boucles d’ADN circulaires
Identifiés pour la première fois en 1965, les éléments d’ADN extra-chromosomique, ou ecDNA, ont longtemps été considérés comme des anomalies curieuses. Cependant, leur rôle dans la progression tumorale est devenu plus clair au fil des décennies. Dès 1978, des études menées sur des modèles murins ont démontré que la présence de ces boucles d’ADN augmentait la résistance des cellules cancéreuses à certains agents chimiothérapeutiques. Selon les travaux relayés par Newswise, ces fragments se comportent comme des icebergs se détachant d’un glacier, dérivant à l’écart des chromosomes principaux. Ils contiennent souvent des copies surnuméraires d’oncogènes, ces gènes dont la surexpression favorise le développement des tumeurs.« Des études plus récentes ont révélé que l’ecDNA apparaît assez souvent, en particulier dans les types de tumeurs agressives. Et la présence de ces boucles d’ADN rejetées est liée à des résultats cliniques moins favorables. » Lukas Chavez, professeur associé au programme de génomique et d’épigénétique du cancer au Sanford Burnham Prebys, via Newswise.
Validation des modèles PDX comme outil de recherche
La fiabilité des modèles de xénogreffes dérivées de patients (PDX) — où des tissus tumoraux humains sont implantés chez des souris immunodéficientes — était au cœur des préoccupations des chercheurs. Comme l’explique Mirage News, le développement de ces modèles exige un temps considérable et une manipulation minutieuse, rendant cruciale la validation de leur représentativité par rapport à la tumeur primaire. L’équipe de recherche a analysé près de 300 échantillons de tumeurs pédiatriques couvrant 31 types de cancers. Les résultats sont probants : dans plus de 80 % des cas, la présence d’ecDNA dans les modèles PDX concordait avec celle observée dans la tumeur d’origine.« Les modèles de recherche créés de cette manière prennent beaucoup de temps et nécessitent beaucoup de soin pour être générés, il était donc important pour nous de déterminer leur validité pour étudier le comportement de l’ecDNA. » Rishaan Kenkre, chercheur associé dans le laboratoire Chavez, via Newswise.
