Bangladesh : le ministre des Finances rend obligatoire la cotation boursière des grandes entreprises

Le ministre des Finances, Amir Khusru Mahmud Chowdhury, a déclaré ce jeudi 21 mai 2026 à Dhaka que l’inscription des grandes entreprises à la bourse deviendrait obligatoire. Cette réforme structurelle vise à renforcer les marchés de capitaux et obligataires afin de proposer une alternative viable aux prêts bancaires à taux d’intérêt élevés.

L’obligation de cotation boursière pour les grandes entreprises

Lors d’une table ronde organisée par le quotidien *Prothom Alo* au Pan Pacific Sonargaon Hotel, le ministre des Finances a tracé les contours d’une transformation profonde du paysage financier national. Selon les informations rapportées par Sharebazarnews.com, le gouvernement entend imposer aux sociétés à forte capitalisation la nécessité de se lister sur les marchés boursiers. L’objectif est clair : transformer la structure de financement du pays en renforçant les marchés de capitaux et les marchés obligataires.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté de rompre avec une culture économique dominée par l’oligarchie et le clientélisme. En encourageant les entreprises à se tourner vers la bourse plutôt que vers les banques, le gouvernement cherche à diversifier les sources de liquidités tout en réduisant la pression sur le système bancaire traditionnel, souvent tributaire de taux d’intérêt prohibitifs.

Le défi du financement : l’indépendance face au FMI

Le défi du financement : l'indépendance face au FMI
cluster source: Jagonews24.com

Au cœur des débats, une question fondamentale a marqué l’intervention du ministre : la souveraineté financière face aux institutions internationales. Pour le ministre Chowdhury, le modèle de croissance actuel doit évoluer pour ne plus dépendre de l’endettement extérieur coûteux.
« Devons-nous courir après le Fonds monétaire international pour obtenir des prêts à des taux de 1 à 2 % ? Ou devrions-nous créer un fonds demain matin pour l’introduire sur notre propre marché ? Si l’on obtient un bon profit sur l’investissement, pourquoi devrais-je attendre de savoir qui, quand et à quelles conditions me donnera de l’argent ? »
Amir Khusru Mahmud Chowdhury, ministre des Finances, via Sharebazarnews.com
Cette rhétorique souligne une volonté de mobiliser l’épargne intérieure et de créer des mécanismes de financement domestiques robustes. Le ministre suggère qu’en offrant des rendements attractifs, le pays pourrait s’affranchir de la dépendance aux conditions souvent strictes imposées par les organismes de prêt internationaux.

L’écart critique entre les budgets et leur exécution réelle

আইএমএফ এর সাথে বৈঠক শেষে যা বললেন অর্থমন্ত্রী | IMF | Finance Minister | News24

Tandis que le ministère des Finances planifie ces grandes réformes structurelles, d’autres secteurs révèlent les difficultés de mise en œuvre de la politique budgétaire. Les discussions sur la capacité de gestion de l’État sont devenues urgentes, comme l’a souligné une discussion organisée par Jagonews24.com concernant le secteur de la santé.
Lors d’une réunion tenue le 19 mai à Karwan Bazar, des experts, des décideurs et des représentants du secteur privé ont alerté sur un paradoxe persistant : l’augmentation des allocations budgétaires ne se traduit pas nécessairement par une amélioration des services. Pour le secteur de la santé, la problématique ne réside pas uniquement dans le montant des fonds alloués, mais dans la capacité réelle à les dépenser et à les transformer en infrastructures fonctionnelles.

  • Manque de gouvernance et de transparence dans la gestion des fonds.
  • Faiblesse des infrastructures sanitaires existantes.
  • Pénurie critique de médecins et de personnel de santé qualifié.
  • Absence d’une politique de santé publique intégrée et cohérente.

Le débat, qui portait sur le budget de l’exercice 2026-2027, a réuni des figures clés telles que le ministre d’État auprès du ministère de la Planification, Jonayed Abdur Rahim Saki, et le directeur général des services de santé, le professeur Dr. Nazmul Hossain. Le constat est sans appel : une grande partie des budgets alloués reste inutilisée, faute de mécanismes d’exécution efficaces.

Une vision pour une économie inclusive et créative

Une vision pour une économie inclusive et créative
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Malgré ces défis structurels, le gouvernement affiche une ambition de “démocratisation économique”. Le ministre des Finances a insisté sur le fait que les réformes ne doivent pas seulement profiter aux grandes entreprises, mais doivent également inclure les populations marginalisées, telles que les artisans et les tisserands, pour les intégrer pleinement dans le circuit économique principal.
Une attention particulière sera portée au prochain budget pour soutenir l’économie créative. Le gouvernement prévoit de mettre en place des projets et des fonds spécifiques pour monétiser et promouvoir des secteurs tels que le théâtre, la culture, la musique, la peinture et la joaillerie artificielle. Cette approche tente de concilier la rigueur de la réforme financière avec une vision sociale visant à bâtir une économie plus humaine et inclusive.

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