Chute spectaculaire pour Kristi Noem : Trump limoge sa secrétaire à la Sécurité intérieure
Washington – Le président Donald Trump a mis fin aux fonctions de Kristi Noem en tant que secrétaire à la Sécurité intérieure, jeudi, marquant une nouvelle secousse dans son administration et la première démission forcée d’un membre de son cabinet durant son second mandat. L’éviction de Noem, connue pour ses méthodes controversées et son goût pour l’autopromotion, survient après une année tumultueuse à la tête du département, marquée par des accusations de mauvaise gestion et des critiques virulentes.
L’annonce, faite par Trump sur son réseau social Truth Social, a pris de court de nombreux observateurs. Si le président n’a pas explicitement détaillé les raisons de cette décision, plusieurs sources au sein de l’administration, sous couvert d’anonymat, pointent du doigt une accumulation de dérapages.
L’affaire qui a précipité la chute de Noem n’est pas directement liée aux décès de Renee Good et Alex Pretti à Minneapolis, bien que ces événements aient suscité une vague d’indignation et de demandes de démission. C’est plutôt son ambition démesurée et sa volonté de s’attirer les projecteurs qui ont irrité Trump.
Selon des témoignages recueillis par The Atlantic, Noem a dépensé 220 millions de dollars dans une campagne publicitaire mettant en scène son propre visage, sans l’aval préalable du président. Lors d’une audition devant le Sénat, elle a affirmé que Trump avait approuvé cette initiative, une version des faits démentie par le président lui-même à Reuters. “Je n’ai jamais rien su de ça”, a-t-il déclaré.
Cette tentative de Noem de se positionner comme la figure de proue de la politique migratoire de Trump, au détriment de son propre chef, a été perçue comme une trahison. L’affaire a été d’autant plus mal vue qu’elle coïncidait avec des rumeurs persistantes concernant une relation amoureuse avec Corey Lewandowski, son chef de cabinet de facto au sein du DHS.
L’administration Trump a également été contrariée par les prises de position de Noem sur le financement du DHS, qui semblaient contredire la ligne officielle de la Maison Blanche.
Pour couronner le tout, Noem a été critiquée pour son style flamboyant et ses mises en scène provocatrices, comme lorsqu’elle s’est déguisée en agent de la Border Patrol ou a posé devant une prison au Salvador. Elle avait même choisi la chanson “Hot Mama” comme musique d’introduction lors de sa présentation officielle au DHS en janvier 2025.
Trump a annoncé que Noem occupera un nouveau poste de “spéciale envoyée” pour une initiative appelée “Bouclier des Amériques”, dont les détails seront dévoilés lors d’un événement à Doral, en Floride, samedi. Il a également précisé que son départ officiel aura lieu le 31 mars 2026, date limite de dépôt des candidatures pour les élections sénatoriales dans le Dakota du Sud, son État d’origine. Cette manœuvre stratégique vise à éviter une primaire potentiellement embarrassante pour le parti républicain.
Le président a proposé le sénateur Markwayne Mullin de l’Oklahoma pour lui succéder à la tête du DHS, une nomination qui devrait être rapidement approuvée par le Sénat.
L’éviction de Noem est accueillie avec soulagement par de nombreux responsables du DHS, qui la considéraient comme une source de distraction et de chaos. “Il y a beaucoup de gens heureux ici aujourd’hui”, a confié un officiel sous couvert d’anonymat.
L’avenir de Noem reste incertain, mais une chose est sûre : sa carrière politique a pris un tournant dramatique.
