Attaque américano-israélienne contre l’Iran : le Moyen-Orient au bord du gouffre
Washington et Tel-Aviv ont lancé samedi une campagne aérienne coordonnée contre l’Iran, une escalade majeure qui menace de plonger l’ensemble de la région dans un conflit ouvert. L’opération, décrite par l’ancien président Donald Trump comme une tentative de "raser les capacités militaires et nucléaires" de Téhéran, a déclenché une riposte iranienne immédiate, avec des barrages de missiles ciblant Israël, plusieurs nations du Golfe et la Jordanie.
L’attaque, qui a débuté samedi matin, a visé des sites sensibles en Iran, notamment des complexes liés au programme nucléaire, le palais présidentiel, le quartier général du Conseil de sécurité nationale, ainsi que les ministères de la Défense et du Renseignement. Des frappes ont également été signalées près du domicile du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Dans une vidéo diffusée sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a justifié l’offensive par la nécessité d’empêcher l’Iran de "menacer l’Amérique et ses intérêts de sécurité nationale". Il a promis d’"annihiler la marine iranienne" et de "détruire ses missiles", appelant même le peuple iranien à "prendre le contrôle de son gouvernement". Trump a également prévenu que des "casualties" américaines étaient possibles.
La riposte iranienne n’a pas tardé. Des frappes ont visé des bases américaines aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn, au Koweït, en Irak et en Jordanie. Des résidents de Jordanie, de Syrie et du Liban ont rapporté avoir vu des missiles survoler leurs villes en direction d’Israël. L’espace aérien de plusieurs pays de la région a été fermé, entraînant la suspension de nombreux vols.
Panique et perturbations en Iran
L’attaque a semé la panique en Iran. Des habitants se sont précipités dans les magasins pour faire des provisions, vidant les rayons. D’autres ont quitté la capitale, provoquant des embouteillages massifs sur les routes. Les communications cellulaires et internet ont été temporairement interrompues, avant d’être rétablies. Selon l’agence de presse iranienne IRNA, une attaque sur la ville de Minab a frappé une école de filles, tuant au moins 53 élèves et blessant des dizaines d’autres.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que "les Iraniens n’ont jamais cédé à l’agression" et que la réponse de Téhéran serait "décisive". Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié l’attaque de "totalement non provoquée, illégale et illégitime", accusant Trump de privilégier les intérêts d’Israël au détriment de ceux des États-Unis.
Réactions internationales et inquiétudes croissantes
L’offensive a suscité des réactions immédiates à Washington, où certains démocrates et républicains ont accusé l’administration actuelle de contourner le Congrès sur une action qui pourrait déclencher un conflit plus large. Le sénateur Mark Warner a souligné que le risque de pertes américaines aurait dû exiger une "scrutiny, une délibération et une responsabilisation" accrues, tandis que le représentant Ro Khanna a appelé à une session du Congrès pour voter sur une résolution limitant le pouvoir de l’exécutif d’engager de nouvelles actions militaires en Iran.
Le ministre des Affaires étrangères omanais, Badr Albusaidi, a exprimé son désarroi face à l’échec des négociations en cours, soulignant que "les intérêts des États-Unis ni la paix mondiale ne sont servis par cela" et implorant Washington de "ne pas s’enliser davantage".
L’attaque intervient deux jours après une troisième session de négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran, sous l’égide d’Oman, visant à désamorcer les tensions. Vendredi, Trump avait exprimé son mécontentement face au rythme des discussions, accusant Téhéran de ne pas négocier de bonne foi.
La situation reste extrêmement volatile. L’avenir de la région dépendra désormais de la capacité des parties à désamorcer les tensions et à éviter une escalade incontrôlable.
