Sélectivité de mise en garde pour les investisseurs dans le secteur indien des NBFC, avertit un analyste
Mumbai, Inde – Les investisseurs doivent adopter une approche plus sélective envers les sociétés de financement non bancaires (NBFC) en Inde, alors que les valorisations augmentent et la concurrence s’intensifie, a averti Viral Shah, de IIFL Capital. L’analyste souligne que la prime de rendement historiquement associée aux NBFC par rapport aux banques publiques et privées est en train de s’amenuiser.
Shah explique que les valorisations des NBFC sont désormais proches de leurs moyennes à long terme, voire supérieures dans certains cas, justifiées par une croissance des bénéfices plus rapide. Cependant, il anticipe que cette croissance relative va se réduire à mesure que les banques, y compris les banques du secteur public, affichent une amélioration de leurs propres résultats.
“Il est de plus en plus important d’être sélectif. Les grandes NBFC continueront de croître d’environ 25% par an, mais les banques, y compris les banques publiques, devraient également voir leurs bénéfices augmenter,” a déclaré Shah.
Un autre facteur de préoccupation est la pression sur les marges. Malgré plusieurs baisses de taux d’intérêt, les rendements des papiers NBFC non notés AAA n’ont pas diminué au cours des 18 derniers mois, ce qui indique une différenciation croissante au sein du secteur. Shah note que la réduction des coûts de financement grâce aux baisses de taux de la banque centrale pourrait ne pas se traduire pleinement pour les NBFC.
Diversification et solidité financière : les clés du succès
Face à ce contexte, Shah recommande de privilégier les NBFC diversifiées, dotées d’avantages concurrentiels en matière de financement, tels que le soutien d’une société mère solide ou une notation de crédit élevée. Ces entreprises sont mieux positionnées pour assurer une croissance stable des bénéfices à long terme.
L’arrivée de nouveaux acteurs dans le domaine du crédit numérique, comme Airtel et Jio, ne constitue pas une menace immédiate pour les grandes NBFC, selon Shah. Bien que ces nouveaux entrants aient des atouts en matière de distribution numérique et d’accès au financement, leur montée en puissance sera progressive.
“Il a fallu trois ans à Jio Finance pour atteindre un portefeuille de prêts de 20 000 crore de roupies. La concurrence s’intensifiera, mais les acteurs plus importants et diversifiés disposent de leviers pour y faire face,” a-t-il précisé.
Valorisations et patience du marché
Shah estime que les valorisations élevées des NBFC sont en partie justifiées par leur croissance naturelle, mais qu’une rationalisation pourrait se produire à mesure que le crédit numérique se généralise. Il prévoit néanmoins que les investisseurs peuvent toujours espérer un rendement annuel composé d’environ 18 à 20 % pour les grandes NBFC, même en cas de compression des valorisations.
L’analyste souligne également l’importance de la patience du marché, notant que des ajustements de valorisation peuvent être nécessaires lorsque la croissance des bénéfices ralentit. Il prend l’exemple de Chola Finance, dont l’action a connu une reprise après une période de sous-performance.
En résumé, la sélection rigoureuse, la préparation au numérique et la concentration sur la stabilité des bénéfices à long terme sont les principes directeurs pour les investisseurs dans le secteur indien des NBFC en pleine mutation.
