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Corée du Sud : l’ex-président Yoon Suk-yeol condamné pour insurrection

Séoul, Corée du Sud – L’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné à la prison à vie ce jeudi par le Tribunal du District Central de Séoul pour insurrection, une première en près de trois décennies pour un ancien chef d’État dans le pays. La sentence marque un tournant dans l’histoire démocratique de la Corée du Sud, un allié clé des États-Unis dans la région.

Yoon, qui avait décrété la loi martiale en direct à la télévision le 3 décembre 2024, a été reconnu coupable d’abus de pouvoir et de tentative de renversement des institutions constitutionnelles. Le tribunal a estimé que sa déclaration de loi martiale, bien qu’en elle-même ne constituant pas un crime d’insurrection, a franchi la ligne rouge en entravant le fonctionnement de l’Assemblée nationale, le parlement sud-coréen.

« Déclarer de manière indue la loi martiale ne constitue pas automatiquement un crime d’insurrection », a précisé le juge Ji Gwi-yeon lors de la lecture du verdict. « Cependant, si cette déclaration se traduit par l’empêchement de l’exercice des fonctions de l’Assemblée nationale, elle peut être considérée comme un acte visant à perturber l’ordre constitutionnel. »

L’enquête a révélé que Yoon et son ancien ministre de la Défense, Kim Yong-hyun, ont agi dans le but de paralyser l’Assemblée nationale et de perturber l’ordre constitutionnel, notamment en déployant des troupes et en tentant de contrôler le parlement. Kim Yong-hyun a été condamné à 30 ans de prison. D’autres hauts responsables impliqués dans l’opération ont également reçu des peines sévères : Roh Sang-won, ancien commandant du renseignement (18 ans de prison), Cho Ji-ho, ancien chef de la police nationale (12 ans), Kim Bong-sik, ancien chef de la police métropolitaine de Séoul (10 ans) et Mok Hyun-tae, ancien responsable de la sécurité policière de l’Assemblée nationale (3 ans).

Ce verdict rappelle le cas du dictateur Chun Doo-hwan, condamné en 1996 pour son rôle dans le coup d’État de 1979 et la répression de Gwangju en 1980. Bien que Chun ait initialement été condamné à mort, sa peine a été commuée en prison à vie, puis il a été gracié en 1997.

L’affaire a pris une tournure dramatique lorsque Yoon a ordonné l’arrestation de figures politiques, dont l’actuel président Lee Jae-myung, dans le but, selon le tribunal, de neutraliser l’opposition et de paralyser le fonctionnement du parlement.

La décision de Yoon a déclenché une crise politique et sociale majeure, avec des manifestations massives dans les rues de Séoul. La loi martiale, qui n’avait pas été imposée en Corée du Sud depuis 1980, a été rapidement abrogée après une votation d’urgence à l’Assemblée nationale, alors que des agents déployés par Yoon tentaient d’empêcher les députés d’accéder à l’hémicycle.

Yoon avait été destitué de ses fonctions par le Tribunal constitutionnel en avril dernier, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires pour les accusations liées à la loi martiale. Il avait déjà été condamné à cinq ans de prison dans un premier procès pour avoir entravé son propre arrestation et falsifié des documents.

L’ancien président, actuellement en détention préventive, est confronté à sept autres procès, dont cinq liés à la déclaration de la loi martiale. Il est également accusé d’abus de pouvoir, de faux témoignage et d’avoir cherché à « bénéficier à un État ennemi » en envoyant des drones à la Corée du Nord en 2024, dans le but d’attiser les tensions entre les deux pays.

Ce verdict intervient dans un contexte de polarisation politique intense en Corée du Sud. Des partisans et des opposants à Yoon se sont rassemblés devant le tribunal, nécessitant le déploiement de près de 1 000 agents pour prévenir des affrontements. L’affaire souligne l’importance de la préservation des institutions démocratiques et de l’état de droit, même face à des défis politiques majeurs.

[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’un reportage sur les manifestations de 2024 ou d’une analyse politique de la situation en Corée du Sud.]

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[Intégration potentielle d’un tweet d’un analyste politique commentant l’impact du verdict sur la scène politique coréenne.]

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